Houston, on a un problème !

par | Nov 17, 2018 | nut's food |

Prêts pour la conquête spatiale !

Depuis quelques temps, nous observons dans le paysage alimentaire français, une nouvelle offre de repas qui surfe sur toutes les tendances : bio, vegan, sans lactose, sans gluten, sans OGM et fabriqué en France (rien que ça). Il s’agit de repas « complets » à boire en bouteille, à manger sous forme de barre et plus récemment à tartiner sur du pain (sans gluten). D’ailleurs nous verrons plus loin que techniquement, écrire du « pain sans gluten » est une figure de style et plus précisément un oxymore. Aujourd’hui, l’heure est à la révolution alimentaire et grâce à ces industriels de génie et ces produits innovants, nous pouvons adopter l’alimentation conditionnée des spationautes.
En effet, ces marques garantissent (en plus des allégations nutritionnelles), un apport complet des nutriments nécessaires à l’organisme, tout en offrant la possibilité de consommer ces repas très rapidement, sans contrainte et par conséquent en toute liberté.

Cette nouvelle tendance qui prend sa source aux USA, est une sorte de solution hybride entre régimes minceurs et boissons protéinés destinées aux sportifs. Le paysage alimentaire actuel s’articule autour des marques suivantes : Smeal, Vitaline, Feed., Gerlinéa, Huel.

L’idée de ce dossier n’est pas de tester les marques citées ci-dessus une par une, mais plutôt de faire un focus sur ce qui nous semble important quant aux contradictions entre le marketing et la réalité scientifique. En revanche, notre analyse sera orientée sur la marque Feed. D’une part, parce qu’ils sont leader sur le marché, d’autre part parce qu’il est possible d’acheter leurs produits en grandes surfaces dès maintenant. Enfin, parce que nous avons testés leurs produits et à ce titre, une vidéo de présentation de leur gamme sera bientôt mise en ligne sur #INNUTSWETRUST.TV

Des repas innovants ?

Dans le conscient collectif, nous plaçons souvent derrière le mot innovation, de la technologie. Pourtant, chez Feed., l’innovation ne se trouve pas dans la technologie. En effet, le conditionnement de denrées alimentaires sous forme de poudre déshydratée ou de barre condensée date de plusieurs décennies (conquêtes spatiales, ration pour soldats). Modérons néanmoins cette vision avec leur dernier bébé, la pâte à tartiner, présentée sous forme de repas complet qui dans la forme, représente une avancée technologique à part entière.

Chez eux, l’innovation se trouve dans leur concept et pour plusieurs raisons :

  • La marque conditionne des repas complet à boire en bouteille, à manger en barre ou bien à tartiner avec la promesse de se nourrir plus vite
  • Leur slogan est le suivant :  « retrouvez votre liberté« 

Il est important de bien saisir leur concept, puisqu’en prenant un peu de recul on peut légitiment se poser les questions suivantes :

  • La marque parle de « se nourrir« , « rapidement« , « sans contraintes » : comme si manger était un contrainte bien identifiée, sous couvert d’un consensus international.
  • On ne retrouve pas la notion de « repas équilibré« . Certes, la marque insiste sur le caractère complet de ses produits mais jamais en précisant qu’ils sont  équilibrés. Il suffit de prendre l’exemple de leur pâte à tartiner et de se poser la question suivante : « si je mange exclusivement de la pâte à tartiner Feed., est-ce que j’ai mangé équilibré au sens nutritionnel du terme ? »

Manger est un acte social à la différence de « se nourrir » qui reste un acte biologique afin de subvenir à ses besoins en énergie. N’oublions pas que manger implique une préparation du repas, un choix des ingrédients et des aliments et enfin un partage du repas préparé. Pour Jean-Pierre Poulain, sociologue de l’alimentation, « manger est avant tout un acte de désir« .

De la nourriture liquide

  1. Objectivement, sur un aspect nutritionnel, nous avons des vitamines, des minéraux et des calories. Ce sont par conséquent des produits corrects.
  2. Quelques recettes sont néanmoins très (trop) riches. Certaines contiennent près de 600 kcal soit un repas complet entier (entrée, plat et dessert).
  3. Les produits contiennent peu de fibres, qui jouent pourtant un rôle important dans le processus de digestion.
  4. Le caractère liquide est une réelle problématique surtout qu’il s’agit d’un repas complet. En effet, la mastication, première étape de la digestion n’entre pas en ligne de compte et par conséquent, le niveau de satiété est très faible. D’ailleurs les marques recommandent de boire très lentement pour accentuer l’effet de satiété.

Un spécialiste des troubles de l’obésité, Arnaud Cocaul, rapporte que la mastication est indispensable pour évaluer notre sentiment d’être rassasié.

Une étude américaine montre qu’il est essentiel de mâcher/mastiquer les aliments pour réguler les hormones responsables de la sensation de satiété. Elle indique également :

  • Digérer du liquide peut provoquer une sentiment de ballonnement et multiplie le risque de manger deux fois plus au repas suivant
  • Le grignotage entre les repas est plus fréquent et constitue un risque de prise de poids rapide

Enfin, le cancérologue Henri Joyeux rapporte dans son ouvrage « Changez d’alimentation » (7ème édition augmentée) que la mastication est la première étape de la digestion et permet une assimilation optimale des nutriments des aliments par l’organisme.

Focus FEED.

La promesse de la marque est simple. Tous les ingrédients utilisés sont naturels, sans OGM, sans lactose, sans gluten et les produits sont fabriqués en France. La réalité n’est pas aussi évidente.

Repas à boire : analyse des ingrédients

Le premier ingrédient est le flocon d’avoine. En tant que consommateur c’est un peu décevant. En effet, si je m’installe à une table de restaurant et que je commande une salade avec des émincés de poulet, on me sert une assiette composée de salade et de poulet. Chez moi, si je décide de faire une salade au thon, le poisson et la salade verte seront les ingrédients principaux de mon plat.
Chez Feed., vous pouvez choisir plusieurs recettes (fruits rouges, chocolat, légumes du jardin, champignon etc…) et dans tous les cas, l’ingrédient principal sera le flocon d’avoine.
Pour comprendre cette différence, plaçons nous du côté de l’industriel. Même si cet ingrédient est peu appétant, il est néanmoins très bon marché. Les coûts de fabrication sont ainsi très réduits pour l’industriel d’autant plus que c’est un apport de glucides et de calories important.

Le deuxième ingrédient est la matière grasse suivi de près par du sucre, l’isomaltutose. Suivant les recettes, on retrouve plusieurs huiles végétales comme l’huile de tournesol ou l’huile de colza. Là encore, aucunes indications sur les procédés d’extractions de ces huiles.

En troisième position, on retrouve les protéines de pois. S’agissant de protéines végétales, il est important de souligner qu’elles contiennent des macronutriments (anti-nutriments) non digestibles en l’état par l’organisme, d’où l’importance d’un mode de cuisson adapté pour en détruire la majeure partie tout en sauvegardant les nutriments. Là encore, aucunes indications de la part de l’industriel.

Le sucre revient en force, sous une forme plus naturelle cette fois-ci puisqu’il s’agit de sucre de canne. En revanche, les arômes ne sont pas naturels (car pas explicitement indiqué en tant que tel).

Les industriels adorent indiquer ce qu’ils font de bien sur leurs produits. Si rien n’est précisé, gardez à l’esprit qu’ils pourraient donc faire beaucoup mieux !

Les minéraux sont de synthèse et donc artificiels et non naturels (dans le cas contraire, la mention « naturelle » serait indiquée sur l’étiquette). Soulignons également, que sur certaines boissons, on ne trouve pas de détails. Nous avons seulement la mention « sels minéraux« .
Si on creuse un peu, on trouve du citrate de magnésium, du phosphate de calcium ou encore du gluconate de zinc. D’un point de vue réglementaire, l’industriel a l’obligation d’ajouter des minéraux pour assurer les besoins journaliers recommandés puisque les ingrédients utilisés sont trop pauvres en ces substances pour être ingérés seuls.

Une simple lecture des étiquettes permet de se rendre compte que les produits ne sont pas très naturels.

S’agissant des vitamines, nous n’avons pas d’information sur le type de vitamine D mise en œuvre dans le produit. Ici, la vitamine D2 est présentée comme naturelle versus la D3. Les deux sont pourtant d’origine naturelle à la différence que la D2 est synthétisée à partir d’un champignon parasite du seigle alors que la D3 est synthétisée à partir de la laine (procédé plus onéreux). En revanche, la vitamine D3 est deux fois plus efficace que la D2 et mieux assimilable par l’organisme, même si elle est plus chère à produire pour les industriels.

Les additifs : la liste est longue et contient des substances connues de l’agroalimentaire à l’opposé du naturel : glycérol, tocophérol, carbonates, sorbate de potassium.

Attention : le sorbate de potassium est un conservateur très utilisé en industrie mais il y a de nombreuses alertes sanitaires à son sujet. Il est en effet potentiellement mutagène pour l’ADN, en particulier au niveau de nos lymphocytes (globules blanc responsables du maintien de notre immunité). Notons cependant qu’aujourd’hui, il n’y a pas de preuve concrète de son action à court terme. En revanche, il y a une génotoxicité avérée (pouvant compromettre l’intégrité physique du génome) quand le sorbate de potassium entre en interaction avec de l’acide ascorbique (vitamine C) ou des nitrites (additifs alimentaires). Enfin, la vitamine C de synthèse peut provoquer des réactions d’hypersensibilité de type urticaire. L’ajout de vitamine C de synthèse dans les produits Feed. par exemple, n’est pas documenté par l’industriel. En conséquence, on ne connait pas les procédés utilisés dans la transformation de leurs produits, d’autant plus qu’il n’y a aucune obligation réglementaire. Nous ne sommes donc pas en mesure de savoir s’il y a un risque.

Repas en barre : analyse des ingrédients

c’est génial (au sens INNUTSWETRUST du terme) puisque le premier ingrédient est le sirop d’agave et donc du sucre. Très utilisé par les industriels, ce sucre n’est pas vraiment sain. Il est composé de 70 à 90% de fructose (isolé). Il s’agit d’un fructose concentré obtenu par un procédé de raffinement. Il arrive donc rapidement dans le foie et les excédents sont directement transformés sous forme de graisses. Consommé en grande quantité, ce fructose concentré augmente les triglycérides dans le sang et donc la résistance à l’insuline. Fuyez-le comme la peste ! 

Nous rencontrons ensuite des protéines végétales issues du SOJA, d’origine inconnue et donc sans doute pas de France (sinon, l’origine serait indiquée sur l’étiquette).
Attention au SOJA puisque s’il n’est pas français, il y a un très gros risque qu’il provienne d’une production OGM, participant à la déforestation massive et donc à la perte de la biodiversité animale/végétale, même si la mention « sans OGM » est indiquée sur le produit. Outre l’impact environnemental, le SOJA est un allergène majeur reconnu et potentiel perturbateur endocrinien.

Enfin, notre ami le sucre, nous rend visite encore une fois en quatrième position dans la liste des ingrédients. Enfin, concernant les vitamines et minéraux, le constat est identique à celui des repas en bouteille.

« BREAKING NEWS » : Repas à tartiner

Feed. lance aujourd’hui le repas complet à tartiner, saveur « cacao-noisettes« . Le produit contient 25% de pâte de noisette donc pas que de la noisette. En effet, la pâte contient du sucre, des matières grasses ajoutés et des additifs (a minima).
Légalement, l’industriel n’est pas obliger de renseigner précisément la composition de sa pâte car il l’achète à un prestataire externe (autorisé par la loi, car pas de substance allergène). Niveau transparence, c’est plutôt douteux, mais totalement légal. Cet aspect législatif permet également au fabricant de « gonfler » les chiffres et de balancer un 25% OKLM.

Le cacao : il s’agit de poudre de cacao et elle ne représente que 9% du produit. Pour être vraiment transparent avec le consommateur, l’industriel devrait indiquer : « pâte à tartiner à la pâte de noisette et au goût cacao« .

La pâte est sucrée et grasse. Le fabricant ajoute ENCORE du sucre (fructose) ainsi que des lipides (huile de colza), histoire d’avoir le maximum de calories (et pour le coup mauvaises calories).
On note l’ajout de protéines végétales avec une nouvelle fois du SOJA sans origine, et des arômes, encore une fois non naturels. Enfin, pour les minéraux et les vitamines ajoutés, les problématiques sont identiques à celles décrites sur les autres produits. Il n’y a donc rien de naturel et aucune transparence sur l’origine des matières premières utilisées.

Pour la petite anecdote, la marque conseille de manger leur pâte à tartiner sur 1/3 de baguette, tout en sachant très bien que dans le conscient collectif français, la baguette correspond à celle du boulanger et qu’elle contient du gluten. C’est tout à fait paradoxal puisque la marque est adepte du « gluten free« . Elle joue sur les mots, alors jouons ensemble. En ce qui nous concerne, nous aimons être précis, ça évite les amalgames ! Hugo a donc tenu à laisser un petit mot : voyez-vous même sur la capture d’écran ci-contre.

D’un point de vue nutritionnel, une portion de pâte à tartiner Feed. correspond à une portion de Nutella® accompagnée d’une tranche de pain. L’apport en fibres est intéressant sauf qu’il provient du pain et non de la pâte à tartiner. Concernant les glucides, le pain apporte les sucres lents et sachant que la pâte est très sucrée (24% de sucres rapides), autant ouvrir sa bouche et se verser du sucre en poudre directement dans le gosier.
Pour terminer, on retrouve 40% de lipides dans la pâte alors autant boire de l’huile directement, vu la quantité annoncée.

Questions légitimes du consommateur

  • Quel est l’intérêt nutritionnel de manger de la pâte Feed. dès le matin, sous-couvert de repas complet, tenant compte de ces éléments d’analyse ?
  • Quel est le gain de temps réel ? et d’argent ? et sur la santé ? si on tient compte de la quantité de lipides et de sucres contenu dans cette pâte ?
  • QUID du vrai petit-déjeuner ? Par exemple du son d’avoine BIO, une boisson végétale BIO et un fruit frais BIO. Le tout n’est pas plus coûteux et le temps de préparation est quasi-nul d’autant qu’il s’agit de produits bruts dont l’origine est connue (surtout si on achète Français).

Bilan

  • Produits très riches en glucides : sucres lents et rapides avec 54 % de glucides dont 22 % de sucres rapides dans certains recettes (notamment le drink chocolat)
  • Certaines références sont très riches en sel : 2,7 g pour une bouteille (quand les besoins en sel sont de 6g pour un adulte)
  • Produit plus riche en lipide qu’en protéines : presque 2 fois plus de gras que de protéines dans certaines recettes
  • Certains repas à 600 – 650 kcal sont relativement riches, surtout s’il y a une collation supplémentaire dans la journée
  • Ajout de substances très controversées mises en œuvre dans les produits : sucre, SOJA, sorbate de potassium…etc

Et le goût ?

Cette notion est difficile à aborder, car elle est différente en fonction des individus et par définition subjective. Toutefois, on peut donner quelques éléments d’analyse de manière objective s’agissant de la texture et de la force des arômes par exemple.

TEST : repas à boire (saveurs chocolat et fruits rouges)

  • La texture est proche d’une pâte à crêpes classique et d’un gruau/porridge
  • Le goût de l’avoine est prédominant, c’est pâteux. Si jamais vous ne terminer pas votre bouteille le jour même, le lendemain (après l’avoir conservée au réfrigérateur), le repas n’est simplement plus du tout consommable (encore plus pâteux que la veille).
  • Il faut secouer la bouteille fortement pour éliminer le maximum de grumeaux
  • Au niveau des arômes, la saveur chocolat est difficilement perceptible alors que celle aux fruits rouges l’est un peu plus mais avec un goût très sucré.

TEST : repas en barre (saveurs chocolat et fruits rouges)

  • La texture est relativement humide (à cause du sucre, surtout pour la saveur fruits rouges). En bouche, la structure est très dense. Dans les deux cas, on a la sensation de manger une pâte sablée mal calibrée.
  • La recette aux fruits rouges n’est à mon sens pas consommable. La couleur est très rose flashy (et humide) à cause du colorant utilisé (à base de betterave) et le produit est vraiment très (trop) sucré. On a l’impression de manger un bonbon (fraise tagada ou sirop pour la toux).
  • La recette chocolat est largement consommable. Le goût est bien en bouche et on ne retrouve pas l’aspect « humide« .

On regrette le manque d’appétence évident des repas en bouteilles. Objectivement, nous n’avons pas eu l’impression de manger, ni même de s’alimenter, mais plutôt de se remplir le ventre. Vous pouvez tester par vous-même, Feed. est leader sur le marché et leur gamme de produit est facilement accessible en grande surface.

Focus VITALINE

La marque propose des repas faibles en sucre, hautement digestibles, composés d’ingrédients biologiques. Si on creuse un peu, la transparence n’est malheureusement pas au rendez-vous.

Repas à boire

  • Le BIO n’est pas 100 % BIO  donc √LOL
  • La haute digestibilité est associée exclusivement à l’eau qui effectivement est très digeste donc LOL
  • Les repas sont faibles en sucres mais pas tellement donc LOL²

D’une part, les produits de la marque ont des listes d’ingrédients beaucoup trop longues pour être 100% naturelles. C’est un peu comme les cartes de menus à rallonge dans les restaurants où il est impossible que les plats soient tous faits « maisons« . Les produits utilisés sont effectivement très transformés. Nous sommes en présence d’additifs, de sucres, sel et de substances de synthèse.

Sur une étiquette la liste des ingrédients est construite de la manière suivante : par ordre décroissant de mise en œuvre. En d’autres termes, le premier ingrédient de la liste est l’ingrédient présent dans le produit en plus grande quantité.

On note également une forte présence d’huiles végétales, synonyme d’apport de texture et de goût. En revanche, le mode d’extraction de certaines huiles est très controversé car les industriels utilisent des solvants à base d’hydrocarbures (provenant du pétrole) comme l’hexane (c’est le plus connu, le moins cher et donc le plus utilisé). Nous n’avons aucune visibilité sur les procédés utilisés pour la fabrication des ingrédients d’autant plus que ces industriels utilisent une grande diversité d’huiles végétales. En tant que consommateur, nous sommes donc en droit de soulever des questions quant à l’innocuité des lipides utilisés.

Ingrédients

Présence d’aliments biologiques avec : avoine, sarrasin, lait, pois, agave, maca, baies d’açaï et spiruline. On ne note pas la présence de SOJA potentiellement allergène, perturbateur endocrinien et OGM. C’est donc un point très positif.
Pour autant, les minéraux ajoutés ne sont pas naturels, mais on note une transparence avérée vis-à-vis du consommateur notamment en ce qui concerne les vitamines ajoutées. En effet, la vitamine C et D3 proviennent de l’acérola (arbre fruitier). On trouve également des concentrés de fruits et légumes, surement non naturels (puisque pas précisé) mais la présence de leurs fibres est utile à la digestion. Pour terminer, la marque fait de la publicité sur l’ajout de produits naturels BIO, mais il n’y a pas d’indications dans la composition du produit au niveau du concentrés de légumes, qui pour le coup ne sont pas BIO.

Apports nutritionnels

  • 650 à 660 kcal par repas
  • 50% de glucides avec 8% de sucres rapides
  • Moins de 20% de lipides (identique chez le concurrent Feed.)
  • Pratiquement 10% de fibres (supérieur à la marque Feed. et donc plus intéressant pour la digestibilité)

Conclusion

  • Sur le plan nutritionnel : pas de différence fondamentale avec la marque Feed.
  • La teneur en lipides est moins importante. Le produit est également moins sucré et moins salé même si ces teneurs sont fluctuantes en fonction des recettes. Globalement, c’est mieux que Feed.
  • Sur le plan de la composition : effort sur un approvisionnement plus « sain » des matières premières mises en œuvre. Mais attention, on ne connait pas les processus de production en détails, ni les substances utilisées dans la confection des recettes.

Focus SMEAL

La marque propose des repas à boire, équilibrés et en bouteille.

Analyse des ingrédients

La farine d’avoine arrive en première position dans la composition du produit, suivie par des protéines de SOJA, du sucre et des lipides.
L’apport en protéines est plus important que celui des matières grasses, précisément dans la recette « Choc’Avoine« , mais : 

  • Beaucoup de glucides (50%) et près de 12% de sucres rapides
  • Très peu de fibres alimentaires
  • Présence d’arômes de synthèse et donc artificiels
  • Pas de précision sur les origines des vitamines et minéraux mis en œuvre dans le produit

Attention à la présence de sucralose (édulcorant) dans certaines recettes. Il s’agit d’un additif considéré comme à éviter par la communauté scientifique en cas de diabète de type 2 et d’intolérance au glucose. Il peut potentiellement augmenter le risque de maladies inflammatoires de l’intestin, même si à ce jour, il n’y pas confirmation de cet effet.

Focus HUEL

La marque propose toute une gamme de produits alimentaires complets sur le plan nutritionnel (poudres, céréales, barres).

Analyse des ingrédients

Au niveau de la composition, la marque annonce des recettes sans arômes et sans édulcorants et riches en fibres. Pourtant avec seulement 7% de fibres et sachant que les besoins d’un adulte avoisinent les 30 à 40 grammes par jour, le consommateur est en droit de s’interroger sur ce faible apport dans un produit censé être complet d’un point de vue nutritionnel.

L’apport en protéines est important avec près de 30% pour certaines recettes comme celle à la vanille. C’est beaucoup plus important que les marques concurrentes. En revanche, malgré l’annonce par la marque de recettes sans arômes, nous notons bien la présence d’arômes artificiels, dans certaines recettes. Il s’agit du sucralose, additif alimentaire à éviter.

Promesses et mensonges « marketing »

Réveillez-vous, les marques ne souhaitent pas améliorer votre santé sinon, elles s’engageraient à délivrer une réelle transparence aux consommateurs. Par leur concept de « smartfood« , elles souhaitent vendre en masse leurs produits sous couvert de faciliter la vie aux personnes qui n’ont pas le temps et apparemment, beaucoup de personnes n’ont pas le temps !

Fabriqué en France

La marque Feed promet du « made in France » mais il n’y aucune indication sur leurs produits qui nous permet de l’affirmer. D’ailleurs toutes les marques se positionnement là-dessus sans donner d’indications.
Même si les produits sont fabriqués en France n’oubliez pas que les ingrédients utilisés ne sont pas français (les marques mentionneraient l’origine des ingrédients si c’était le cas). C’est une sorte de détournement de la réalité, puisque les marques savent très bien que chez les consommateurs le fabriqué en France résonne en « ingrédients français« .

Nous n’avons pas de transparence sur l’origine géographique des produits. Par exemple :

  • Quelle est l’origine du SOJA sachant qu’il est associé à des campagnes de déforestation et l’utilisation massive des pesticides ?
  • Quelle est l’origine de l’avoine sachant qu’en France, nous avons des grandes cultures d’avoine, locales et disponibles ?
  • Quelle est l’origine des concentrés de fruits et de légumes utilisés ?
  • Quelle est l’origine du sirop d’agave, également associé à un fort impact environnemental ?
  • Quelle est l’origine de l’ensemble des autres sucres utilisés sachant que la filière de betteraves sucrières en France et en Allemagne est très développée ?

Manger vite et à moindre coût

L’argument du « bénéfice coûts/temps » ou du « j’ai pas le temps/c’est trop cher » est en réalité difficilement recevable. D’une part, parce que le repas à boire est pratique à ingérer par définition puisqu’il s’agit d’une solution liquide. D’autre part, parce que les repas en poudre doivent être compléter avec de l’eau. Après quelques tests réalisés, ils sont difficiles à homogénéiser pour ne pas avoir de grumeaux. Il est en effet nécessaire de verser l’eau doucement en inclinant la bouteille avant de l’agiter fortement dans le but d’obtenir une texture liquide mais dense. Il faut donc 3-4 minutes pour se préparer sa boisson (déjà presque prête en théorie).

Via une alimentation traditionnelle, si je veux manger rapidement et sainement, j’ai une organisation en amont. Par exemple, une poêlée de légumes BIO (surgelée) avec quelques œufs brouillés BIO se réalise en 5 minutes montre en main (sans additifs, sucres ajoutés, édulcorants etc…).

S’agissant des coûts, les marques dont Feed. communiquent sur des repas inférieurs à 3 euros. Pourtant, dans le commerce, le prix des boissons en poudre et des barres se situent entre 4 et 4.50 euros. Comparé à un vrai repas classique et fait maison, avec 4 euros, nous avons une portion de riz/pâtes, quelques légumes et des œufs. Le repas sera complet, sain et équilibré.

Quels sont les relais marketing de ces marques ?

La marque Feed. réalise actuellement sa communication sur sa gamme BIO avec le grand chef français Thierry Marx. C’est une véritable caution « culinaire » pour la marque. Pourtant cette image devrait alerter le consommateur :

  • Feed lance une gamme BIO, donc sa gamme actuelle ne l’est pas. Vous consommez par conséquent des produits avec a minima des traces de pesticides.
  • Les tests que nous avons réalisés ne sont certes pas objectifs puisqu’ils dépendent de notre goût. En revanche, au niveau de la texture des repas à boire, on s’interroge réellement sur la participation du grand chef français.
  • Ce chef a longtemps véhiculé l’idée suivante : « il y a qu’une seule manière de bien manger, c’est de cuisiner« 
  • Ce chef parle souvent du « sourcing » des produits , notamment utilisés dans ses cuisines. C’est un peu paradoxal de prêter son image pour une marque qui n’offre aucune traçabilité de ses ingrédients et des procédés de fabrication auprès du consommateur.

Chez Smeal, c’est plutôt amusant. La communication de la marque tourne autour de « n’importe quelle » personnalité tant qu’elle a de la visibilité. On retrouve des coachs sportifs, des blogueuses fitness et culinaire avec leurs témoignages exposés directement sur leur site internet. Bien entendu, ils encensent les valeurs nutritionnelles des produits (c’est trop bon, c’est trop chouette, c’est trop génial, c’est trop efficace, c’est trop cool).
De près, la plupart de ces « personnalités » n’ont pas de « background scientifique » et par leurs discours, on se retrouve dans la république du « je donne mon avis sur tout même si j’y connais rien« , un peu « mon cul sur la commode » en d’autres termes.
Enfin, les commentaires sont tellement parfaits, qu’on peut tout à fait douter de leur authenticité !

Les goûts annoncés

Les « marketeurs » sont très forts. Les noms des produits sont toujours alléchants. Les emballages sont toujours très soignés, tout mignons et on a limite envie de les exposer dans une vitrine comme des trophées plutôt que de les consommer. En réalité, il y a très peu de matières premières qui donnent du goût par rapport à ce qui est annoncé.
Par exemple, le repas complet Feed. en bouteille saveur chocolat, contient seulement 1.5% de cacao en poudre dans la recette. La barre de chocolat quant à elle contient seulement 6% de cacao.

Empreintes environnementales et sanitaires

  • Utilisation de substances et ingrédients controversées au niveau environnemental
  • Le SOJA participe à la déforestation, à l’utilisation massive de pesticides, à la perte d’espèces, etc…s’il n’est pas cultivée de manière durable (par exemple en France).
  • Aucune traçabilité sur l’ensemble des autres ingrédients. Ils font sans doute le tour du monde avant d’arriver dans votre bouteille en plastique.
  • Bouteille en plastique et sachets individuels en plastique/aluminium : nous sommes en opposition complète avec la nouvelle loi agriculture et alimentation sur la production des plastiques à usage unique.

Selon le « Community Manager de Feed.« , les bouteilles en plastique ne contiendraient pas de phtalates et bisphénols. La marque ne peut cependant pas garantir l’absence de ces substances car dans la chaîne de traitement, ces substances sont à un moment manipulées (pour être extraites). Nous n’avons pas d’information sur les procédés réels de fabrication et potentiellement il y a des résidus.
Pour les autres marques nous n’avons pas posé la question, mais sachez que ce sont des plastifiants qui permettent de travailler les matériaux pour des usages industriels et qui sont fortement émetteurs de perturbateurs endocriniens. Au-delà de l’aspect « respect de la planète« , commençons par respecter notre corps (et celui de nos potentiels futurs enfants).

SYNTHÈSE

La loi « Agriculture et Alimentation » a été votée en France début octobre 2018. Elle prévoit un retour au bien manger et au manger sain avec plus de bio et de local dans les restaurations collectives. Il s’agit de favoriser une nourriture plus saine pour la nouvelle génération et l’utilisation de moins de plastique.
Pourtant avec ces solutions repas, innovants pour les industriels, nous sommes à l’exact opposé des recommandations et des efforts du gouvernement en matière d’alimentation et de soutien aux producteurs locaux/français.

Notre pays est l’un des plus beaux en ce qui concerne la gastronomie et on l’écorche car :

  • Pas d’utilisation de matières premières locales : donc pas d’aides au développement des filières françaises, d’aides aux producteurs et forte empreinte environnementale en s’approvisionnant à des milliers de kilomètres
  • Pas d’alimentation naturelle : ajout de produits de synthèse
  • Faux arguments (couple : temps/prix) évoqués par les marques pour justifier une passivité croissante du consommateur, au lieu de l’aider et l’accompagner à se nourrir convenablement
  • Augmentation du nombre d’emballages plastiques #ONESTPRÊT

Nutrition

Même si ce domaine dépasse largement nos compétences, on peut s’interroger légitimement sur :

  • Ce sont des produits riches au niveau calorique. Il est donc important de faire attention aux collations/grignotages qui peuvent rapidement ajouter du poids sur la balance.
  • Les apports nutritionnels sont cohérents avec les apports journaliers conseillés mais ils manquent clairement de fibres alimentaires (pour aider à la digestion). C’est plutôt paradoxal sachant que ces marquent communiquent sur des produits complets.
  • Ces produits sont pour la plupart très gras et très sucrés.

Origine des produits

Nous n’avons aucune traçabilité sur l’origine géographique et la nature des matières premières utilisées.

  • Quid d’un véritable « made in France » ? On a tout ce qu’il faut sur le territoire (pois, avoine, huiles végétales, etc…) hors le cacao bien entendu
  • Comment sont synthétisées les vitamines et minéraux qu’on ajoute à la pipette dans la bouteille ?
  • Pourquoi ne pas privilégier des arômes naturels ?
  • Aucune traçabilité sur les procédés de fabrication

Composition des produits

Les industriels utilisent probablement des hydrocarbures (type hexane) pour extraire les huiles alimentaires d’autant plus que nous n’avons aucunes informations sur les procédés d’extractions de ces huiles. Nous pouvons également soulever les questions suivantes :

  • Quid des sucres utilisés ?
  • Pourquoi utiliser du SOJA, potentiellement OGM, participant à la déforestation et allergène reconnu ?
  • Les gammes non-BIO contiennent-elles des résidus de pesticides ?
  • L’huile de tournesol est potentiellement inflammatoire. Pourquoi ne pas sélectionner des huiles de meilleur qualité ?

Paradoxe : les industriels communiquent sur des aliments « premiums« , rigoureusement sélectionnés pour leurs qualités nutritionnelles. Pourtant, nous n’avons pas de transparence quant aux procédés d’extractions utilisés pour les huiles végétales. Par déduction, les solvants chimiques utilisés permettent de réduire significativement les coûts mais dégrade les produits d’où l’ajout de substances comme le romarin. Je vous laisse, par conséquent le soin de choisir entre les finalités suivantes :

  • Les industriels veulent réduire les coûts de fabrication pour proposer des prix abordables aux consommateurs.
  • Les industriels veulent vendre leurs produits avant tout et toutes les solutions sont bonnes pour produire à moindre coût

Toujours dans le même thème, ces marques utilisent toutes des additifs, tous controversés :

  • Sucralose : additif considéré comme à éviter par la communauté scientifique en cas de diabète de type 2 et d’intolérance au glucose. Il peut potentiellement augmenter le risque de maladies inflammatoires de l’intestin, sans confirmation toutefois.
  • Sorbate de potassium : génotoxicité (pouvant compromettre l’intégrité physique du génome) avérée quand le sorbate de potassium entre en interaction avec de l’acide ascorbique (vitamine C) ou les nitrites. Peut potentiellement provoquer de l’urticaire.

Utilisation de substances plastifiantes à forts impacts environnemental et sanitaire :

  • Phtalates et bisphénols : perturbateurs endocrinien pour tous les mammifères
  • Davantage de plastiques rejetés dans l’environnement et plus de déchets à traiter

La mastication est indispensable pour avoir la sensation de satiété :

  • L’alimentation liquide proposée par ces industriels « squeeze » la première étape de la digestion à savoir la mastication
  • Sans mastication, les nutriments des aliments sont moins bien assimilés

Il n’y a donc pas vraiment de marque « bon élève » :

  • Utilisation de produits controversées pour quasiment tout le monde
  • Les produits sont soit trop gras, soit trop sucré, soit trop peu de fibres, soit les 3
  • Manque de cohérence entre le marketing et la réalité du produit
  • Produits plus coûteux qu’un vrai repas complet

MAINTENANT, TU LE SAIS – BEN & HUGO – #INNUTSWETRUST
 

Bibliographie – « parce que nous n’avons rien à cacher »

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Au 5ème siècle avant J-C, un médecin grec de l’antiquité, Hippocrate disait : « Que ton alimentation soit ta première médecine ». Aujourd’hui, force est de contaster que ce conseil médical, qui a pourtant traversé les siècles, est bien trop vite oublié. Pourtant, à l'heure où la santé et le bien-être sont au coeur des préoccupations sociétales, l'alimentation devrait et doit retrouver ses lettres de noblesses.

Les graines, alimentation de base des peuples de "chasseurs-cueilleurs" font partie intégrante de notre évolution et participent à la sauvegarde d'un « capital santé » sain et cohérent. Propre à chaque individu, je souhaite préserver et enrichir ce capital pour le mettre au service de mes envies, de ma carrière professionnelle et personnelle. Une santé que je souhaite mettre à profit des autres pour montrer par les actes les bienfaits de cette démarche pour moi, pour vous, pour elle, la planète « Terre ».