Le sportif responsable

par | Juil 20, 2018 | nut's food |

Des nouvelles du champ de bataille

Au pays des graines, nous avons lancé la semaine dernière un premier pavé dans la mare avec un article ciblé sur la Whey Protein, saveur vanille de la marque foodspring®. À ce jour, nous n’avons toujours pas de réponse de cette enseigne saine et naturelle, fidèle représentante (autoproclamée) de dame nature. Toutefois, j’ai reçu sur Instagram, un petit cœur tout mignon envoyé via le compte @foodspring_fr, et on imagine volontiers deux hypothèses :  

  • La première : ils n’ont pas jugé utile de répondre, ce qui peut se comprendre sachant que le blog n’est pas encore connu et donc peu visible. Ils pourraient néanmoins nous accorder un minimum de crédit et anticiper un éventuel effet « boule de neige » d’autant plus que selon Google Analytics, l’article à été vu plus de 200 fois.
  • La seconde : le « Community Manager » est tellement en bonne santé grâce à une alimentation saine et équilibrée, idéalement calibrée par les ingénieurs de foodspring® qu’il voit nécessairement un monde gorgé de bonheur, d’avis positifs et de petits cœurs plus mignons les uns que les autres. Un peu comme « oui-oui » au pays de la gomme magique où tout le monde est gentil et bienveillant. Alors voyez vous, pour eux, un hashtag foodspring® est forcément synonyme de bienveillance.

NB : je penche plutôt pour la seconde hypothèse, l’esprit critique étant en berne dans notre pays où malheureusement nous ne sommes plus « consom’Acteurs » mais seulement « con ».

C’est pourquoi, nous présentons aujourd’hui un second article directement ciblé sur le concept du sportif responsable.

La standardisation de la pensée

NB : pour des besoins évident de clarté et de compréhension, les influenceuses et influenceurs (comprenez pour faire simple : des nanas ou des mecs qui font la pluie et le beau temps sur Internet) toutes plateformes confondues (Instagram®, Facebook®, YouTube®, Twitter® ou blogs) seront ici caractérisées par le terme suivant : les zozos

Même sans réponse de sa sainteté, le combat continu et il est sain et riche en Oméga-3. On remet le couvert avec un focus sur le statut actuel au sens officiel du terme des zozos, partie visible de l’iceberg du marketing moderne. En 2018 et plus que jamais sur Internet, on navigue, on clique, on commente et on achète. Un petit coup de CB (carte bancaire) par ici et par là et quelques jours plus tard si La Poste n’a pas paumée le colis, la commande arrive chez vous. On assiste à la naissance d’un nouvel enjeu dans cette jungle alimentaire : la responsabilité du zozo face à son public.

La naissance d’une communauté

Lorsqu’on est suivi par des milliers, voire des millions de personnes, le zozo devient par définition un personnage public, avec son lot de responsabilités que ça plaise ou non. En effet, des personnes physiques sont abonnés à leurs comptes et suivent quotidiennement leurs actualités plus ou moins pertinentes (coucou les petits chats, il est 4h15, j’ai dormi 13 heures et je vais courir un marathon pour récupérer). Une véritable communauté existe entre son représentant et ses fidèles (une team) avec des liens plus ou moins intimes (sur Internet, il n’y a plus de limites). L’échange est ainsi permanent et journalier avec des partages, des commentaires et des avis. Le personnage public « influence » donc sa propre communauté et apparait comme un modèle autour d’une thématique précise. C’est une sorte de zozo des temps modernes et dans notre cas, on s’intéresse aux zozos sportifs du monde du Crossfit® et du Fitness.

Une campagne publicitaire très bon marché

Nous avons déjà abordé le sujet dans notre dernier article : https://innutswetrust.fr/carton-rouge-foodspring/ mais il est une nouvelle fois utilise de préciser que ce fort potentiel de visibilité est très recherché par les marques. De fait, elles jonglent avec leur stratégie marketing et la vision originelle prônée par le zozo en question. Techniquement et n’en déplaise à certains, elles se servent d’eux comme un tremplin pour valoriser leurs produits à moindre coût. Pour être politiquement correct, les zozos ont bien entendu une contrepartie : rémunération, shooting, voyages, colis et toutes sortes de valorisation où le consommateur quant à lui se retrouve aux premières loges. C’est une sorte de spectateur où sa seule interaction possible avec le zozo, réside dans les commentaires, messages et quelques participations à des mini-jeux. Bref, il manque seulement le pop-corn !
Au départ, lorsqu’un partenariat ou contrat est établi entre le sportif et une marque, la frontière est visible c’est-à-dire qu’on perçoit toujours le concept de départ du sportif (à titre d’exemple : donner de la motivation pour se mettre au sport), mais très rapidement, elle s’efface laissant place uniquement à un argumentaire de vente standardisé et orchestré par ces grandes instances.

Des zozos à la pelle

Le résultat est sans appel : des comptes à la pelle qui se ressemblent (avec des culs et des abdos) vantant les mérites d’une marque dans le domaine sportif :  maigrir, perdre du poids et gagner du muscle avec un package disponible à la vente idéalement « calibré » par des spécialistes pour le consommateur. L’ensemble est bien entendu validé et recommandé par le zozo dont le capital crédit s’est construit pendant des années auprès de sa communauté (sans forcément de légitimité dans le domaine). Le système fonctionne à merveille avec des codes promos à la pelles, des vidéos dédiées, les possibilités étant infinies ! La recette est parfaite puisque le consommateur achète sans se poser de questions et pour ces marques c’est du véritable pain béni.

Le statut du sportif responsable

NB : sous le concept du « sportif responsable », on rassemble l’ensemble des sportifs (avec une pratique à haut niveau, occasionnelle et même ceux qui font des « crunchs » abdos sur un tapis de sol dans leur salon avant de s’envoyer un shaker Myprotein® au bout d’une série). Vous l’avez compris, ici on ratisse « large » et indépendamment de la définition stricto-sensu du sportif, on s’intéresse dans cet article exclusivement à la visibilité du sportif sur les réseaux sociaux.

Le zozo en image

C’est un fait, beaucoup de personnes suivent les conseils de nos zozos préférés et à juste titre sachant que généralement, le combo gagnant est le suivant :

  • Ils sont beaux et voyagent un peu partout en France et à l’étranger. En général, tu regardes leur fil d’actualité au calme sur le trône le matin ou bien sur ton lit le soir avant d’aller te coucher. Dans les deux cas, tu te demandes comment il est possible de vivre de cette passion pendant que toi t’as un vrai boulot (un vrai boulot = si demain Instagram® ferme ses portes, t’as toujours du boulot).
  • Ils pratiquent une activité physique plus ou moins intensive dans des ensembles vestimentaires flambants neufs (et qui coûtent un bras, un œil, un rein)
  • Ils sont bien foutus. (ici, je modère mes propos car il y a toujours un ou plusieurs spécimens qui se trouvent trop « moche » mais restons sérieux, pour le commun des mortels, ce sont des modèles).

Ce combo est une sorte de « package » du sportif modèle, politiquement correct vis-à-vis du marketing alimentaire actuel. De notre point de vue (subjectif par conséquent), ces zozos entrent parfaitement dans le moule de notre société de consommation. Le problème, c’est qu’à force de vouloir rentrer dans le moule, on finit par ressembler à une tarte et ici, elle est pleine d’ingrédients industriels raffinés, d’améliorants, mélange pas vraiment optimisé pour se forger une bonne santé.

Le zozo et son discours

Pour résumer de manière succincte et donner une vision minimaliste du pedigree de nos zozos préférés en 2018, voici quelques éléments de leur argumentaire :

  • Faire du sport (peu importe l’intensité)
  • Acheter des compléments alimentaires, des fringues et adopter une alimentation saine (ici, notez l’ordre des mots qui a toute son importance)
  • Récompenser son travail par des « cheats meals » en fin de semaine (on fait du sport pour manger « sale » comme ils disent). D’autres prônent la consommation « healthy » à outrance coûte que coûte (sans lactose, sans sucre, sans gluten, sans sel, sans graisses, sans rien, du vent en fait, mais qui coûte une blinde, bien entendu). Il s’agit d’une sous-espèce de zozo.

La légitimité du zozo

Fort de ce constat, il est ainsi légitime de s’interroger sur le statut du sportif en 2018. Considérant que les réseaux sociaux offrent la possibilité aux individus d’élever leur voix sur quantité de sujets dont ils ne sont pas nécessairement spécialistes, il est judicieux de se poser les questions suivantes :

  • Quelle est la pertinence de leurs conseils ? S’ils sont experts (avec des diplômes ou une formation) pourquoi font-ils la promotion de produits dont la qualité n’est pas au rendez-vous ?
  • Pourquoi leur logique n’est pas suivie jusqu’au bout ? À titre d’exemple, ils prônent la santé et le bien-être en véhiculant un mode de vie sain. Pour autant, beaucoup de zozos encouragent la consommation d’aliments industrialisés dont les sources des matières premières ne sont pas identifiées.
  • Une nouvelle espèce de zozo fait son apparition depuis plusieurs mois (la sous-espèce). Il s’agit des « zozos healthy » . Ils revendiquent le 100% végétal calqué sur le modèle d’une alimentation omnivore avec des faux steaks, de fausses saucisses, du faux fromage, bref de la fausse bouffe. Dans ce cas, on s’interroge également sur la qualité de ces produits souvent estampillés BIO conditionnés dans des emballages plastiques, bourrés de perturbateurs endocriniens. Ce concept est plutôt surprenant car pour le coup, même si vous mangez exclusivement des fruits, légumes, légumineuses et oléagineux, vous ne faite pas partie de cette catégorie. C’est un cercle très fermé où la mode est à l’alimentation décalée et alternative, bien loin de l’alimentation originelle des chasseurs-cueilleurs. Oui, c’est un paradoxe.

Hélas, ces zozos pourtant positionnés en fédérateur de la santé et du bien être, ne tiennent pas compte de notre dénominateur commun, la planète terre. C’est pourtant notre socle unique, commun à tous d’où proviennent les matières premières utilisées pour notre alimentation. Aujourd’hui, ils perdent trop facilement cette vision, (dans le cas où ils l’ont eu un jour) et le paradoxe se trouve précisément ici : on prône la santé et le bien être de l’individu au détriment de celui de notre belle planète. Il a une couille dans le potage.

Industriel et sportif : un devoir de vérité

Pour une première, nous avons eu quelques retours de personnes qui découvrent les dangers et la face cachée du marketing alimentaire de masse en particulier sur des produits avec des allégations sur la santé, la nutrition ou la performance. Aujourd’hui, il est indispensable d’encourager une alimentation cuisinée et équilibrée plutôt que d’être à la mode de la substitution, de la complémentation au détriment de sa santé, l’inverse de ce qui est malheureusement véhiculé par nos chers zozos.

NB : les industriels ont un devoir de vigilance et les zozos un devoir de vérité. Ces derniers ont un immense pouvoir, celui de la communication à un très large public. Les possibilités de pondération, de mise à jour ou bien de modernisation de leurs dires sont insuffisantes voire inexistantes. Il y a en effet aucun « filtre » d’où l’obligation d’une transmission d’information vérifiée.

En conséquence, nous vous proposons ici, une petite étude rapide des marques pour celles et ceux qui préfèrent, par manque d’organisation et de temps (et parce que les zozos sont trop belles et trop beaux, alors on veut faire comme eux) s’enfiler des litres de poudre diluée, en suivant à la lettre leurs recommandations.

Les mauvais élèves

Zoom sur la marque Nu3

La marque est adepte d’allégations nutritionnelles fausses et/ou incorrectes par rapport à l’étiquetage de la composition. Nous avons pris pour exemple la Whey Performance, saveur vanille et dans les caractéristiques notables, nous notons :

Sans colorant

Cette mention est tout à fait normale car la Whey a subi une décoloration au peroxyde de benzoyle (même décolorant que pour les cheveux), comme expliqué en détails dans : https://innutswetrust.fr/carton-rouge-foodspring/

Sans substitut de sucre et sans sucre ajouté

Pour faire simple, il s’agit ici d’un mensonge puisqu’on note la présence d’édulcorants dans la liste des ingrédients, en l’occurrence ici du sucralose (ou E955). Pour rappel, le sucralose est un sucre de synthèse (ou substitut de sucre) très décrié par la communauté scientifique et les organismes de santé publique :

  • à éviter en cas de diabète de type 2, et en cas d’intolérance au glucose (Pr Narbonne, toxicologue et Dr Denans, pharmacien et diplômée en nutrition)
  • des études sur le rat ont également montré une perturbation du système immunitaire à forte dose (Rapport FAO/WHO sur les additifs alimentaires, 1991).
NB : forte dose pouvant être très vite atteinte avec l’ajout de sucralose dans tous les produits transformés

Sans aspartame

Effectivement, le produit ne contient pas d’aspartame, mais la marque joue sur la perception en faisant croire au consommateur qu’il n’y a pas d’édulcorants dans son produit, ce qui est malheureusement faux.

Sans exhausteur de goût

On note toutefois, l’ajout d’arômes (pas du tout naturels car non spécifié en tant que tel)

Végétarien

L’appellation végétarien est effectivement cohérente, puisque le produit est issu du lait. En revanche, le logo utilisé est celui d’une vache barrée, ce qui suggère fortement que le lait n’est pas issu de lait de bovin (alors qu’il l’est).

Agent de démoulage

On note la présence de silice (E551), forme naturelle du dioxyde de silicium qui entre dans la composition de nombreux minéraux comme le sable de nos plages par exemple. Ici, elle est utilisée comme agent de démoulage, jusque-là classique pour les denrées alimentaires séchées/en poudre (liste auxiliaires technologiques déclarés, Ministère de l’économie, 2011).
En revanche, son utilisation est principalement sous forme nano-particulaire (car meilleure efficacité anti-agglomérant). Ces « nanos » sont aujourd’hui fortement décriée (interdiction dioxyde titane comme additif alimentaire – projet de loi en cours pour 2019).

Apport en protéines

Nous sommes sur une formule avec 91% de concentré de protéines contre 5% d’isolat de protéines seulement.

Épaississants

La gomme xanthane est un polysaccharide (basiquement, une chaine de molécules de sucre) non digestible, qui est produit à partir de micro-organismes potentiellement transgéniques (à partir de maïs ou de soja). Il y a un risque pour la santé à fortes doses avec un effet laxatif possible, nausée et augmentation du temps de transit intestinal.

Émulsifiants

La lécithine de soja est utilisée et c’est l’une des plus grandes productions OGM du monde (avec tout ce qui va avec : déforestation, utilisation massive de pesticides, diminution de la biodiversité).
Bilan : il s’agit d’un produit qui au demeurant n’est pas impropre à la consommation. On note cependant la mauvaise foi, voire même des mensonges sur les allégations alimentaires décrites. La marque et les zozos font la promotion d’un produit dans le but d’améliorer et d’optimiser la santé des sportifs en négligeant la qualité des matières premières et leur traçabilité.

Zoom sur la marque MyProtein

Dans l’ensemble, on met l’accent sur les mêmes reproches que la marque précédente sans mauvaise foi par contre sur les allégations.

Protéines

On note 91% à 96% de protéines concentrés (même pas d’isolat). Nous n’avons pas d’information sur l’origine géographique et biologique de la Whey (du coup on se doute que c’est issu du lactosérum, donc du petit lait et par conséquent un déchet de l’industrie fromagère) c’est-à-dire beaucoup moins riche en protéine que l’isolat, avec une présence de lipides et glucides (avec présence de lactose). La teneur en GMP est supérieure à 50% (« 60 millions de consommateurs », 2018). Cet indicateur montre sans appel, que les protéines sont issues de l’industrie fromagère via des procédés de transformation industrielle lourds.

Colorants

Le produit contient des sulfites (E221). En général, il s’agit d’un conservateur utilisé dans les produits issus de la vigne et de la mer. La mise en garde est la suivante :
  • à éviter chez les personnes asthmatiques, en cas de troubles neurologiques ou en cas de terrain d’allergie
  • peut provoquer des réactions d’intolérance, de l’urticaire, des douleurs abdominales et être neurotoxiques à fortes doses
La Whey contient également un colorant « caramel » (utilisation de E150a et E150c). La dose journalière autorisée (DJA) par les autorités (ANSES, EFSA, FAO, JEFCA) est de 300mg/kg/j. Néanmoins, on retrouve ce colorant dans beaucoup d’aliments (cola, bière, surimi, charcuterie, cidre bouché, vinaigre, viennoiseries industrielles, légumes en conserve, soupes, sauces, la liste est presque infinie).
  • ce colorant (E150c) est utilisé spécifiquement dans la Whey caramel au beurre salé. Lors de la fabrication, il est important de souligner la formation de 4-MTI (methylimidazole), classé comme potentiellement cancérogène chez l’Homme (Centre international de recherche contre le cancer, 2012).
  • on souligne également un problème d’immunité qui serait dû à un composé immunosuppresseur (le THI) contenu également dans ce colorant (EFSA, 2011).
Bilan : des industries qui se positionnent de plus en plus vers des colorants naturels ou pas de colorants du tout. La marque s’est faite taclée sur ses étiquettes par l’association « 60 millions de consommateurs » en juin 2018 (dossier complet sur les marques de protéines en poudre) où elle attribue une note générale de 11,5/20.
Il s’agit ici d’un produit « bon marché« , très transformé, bénéficiant d’un marketing digne d’une cérémonie d’ouverture de Jeux Olympiques contenant pratiquement aucun aliment naturel. Nous n’avons pas d’information sur l’origine de la matière première d’autant plus que la recette du produit contient beaucoup d’additifs alimentaires. Encore une fois, nos zozos préférés font la promotion de ce type de produit quotidiennement. La légende raconte que dans certaines baignoires, la Whey remplace l’eau !

Zoom sur la marque Weider

Il s’agit d’une marque « végane » ou « vegan » où il est difficile de faire un produit naturellement appétant bénéficiant d’une bonne texture (assez miscible dans l’eau par exemple). Concernant ce produit, on ne note pas de problèmes particuliers sur les ingrédients utilisés mais plutôt sur les allégations à savoir : sans cholestérol, protéine végétale propre, sans gluten avec de l’édulcorant naturel.

Lipides

Utilisation de lipides (gras) : sur l’étiquette, on note la teneur moins de 3g/100g de lipides (dont 30% de graisses saturées tout de même). D’après l’étude de l’association « 60 millions de consommateurs » (2018) on aurait potentiellement sur ce produit une teneur en matières grasses située à 9g/100g de produit. La marque ne joue donc pas totalement la transparence.

Étiquetage

Présence de germes de blé et de son d’avoine et par conséquent de gluten : bravo la véracité des allégations, pour un produit estanpillé « gluten free« .
Aussi, il y une confusion entre origine végétale et naturalité/bio : en effet, on ne connait absolument pas l’origine géographique des matières premières ni leur mode de production (si elles sont issues de cultures OGM, cultivées avec ou sans pesticides à titre d’exemple).
L’indice chimique est également très mauvais : pas d’apports d’acides aminés essentiels (que l’on retrouverait dans une alimentation normale et équilibrée et qui se doit d’être dans une whey pour ne pas être carencé).

Édulcorants

Utilisation de glucoside de stéviol et non d’extrait naturel de stévia comme indiqué (le stéviol est raffiné à 95% donc plus du tout naturel).

Bilan : l’association « 60 millions de consommateurs » attribue la note de 9.5/20 au niveau du rapport qualité/prix. Pourtant, vous trouverez ici et là, quantité de zozos, étiquetés « healthy vegan » encourager la consommation de ce genre de produit.

Heureusement, il existe aujourd’hui des marques qui jouent (plutôt) le jeu de la vérité. Elles ne sont pas irréprochables certes, mais leur politique de transparence est louable.

Les bons élèves (dans le sens meilleurs que les mauvais)

Zoom sur la marque Xnative

Poudre de lait

Nous sommes ici sur une Whey native (et bien spécifiée en tant que telle) donc issue de l’industrie laitière et non fromagère. Il y a peu de traces de GMP et par conséquent, c’est une preuve de la non-dénaturation des protéines, marqueur de qualité s’agissant des acides aminés et de l’origine de la Whey. Aussi, le procédé de fabrication est « doux« . En d’autres termes, la pasteurisation (stérilisation) du lait est réalisée à basse température et enfin le lait est filtré à froid (basse température également).

Émulsifiants

La lécithine de tournesol est utilisée (versus soja auparavant). Il n’y a donc pas de risque d’allergie. Par ailleurs la filière OGM de tournesol est très faible aujourd’hui. C’est la garantie d’avoir un produit plus sain pour la santé que la concurrence et pour l’environnement (c’est ça être un sportif responsable).

Étiquetage

« 60 millions de consommateurs » met la meilleure note en matière du respect du discours comparée aux allégations mises en avant pour une note globale de 16/20.
Bilan : il y a malgré tout, la présence d’additifs (édulcorants et arômes de synthèse). Aussi, la teneur en lactose est un peu élevée. Il faudra donc être vigilant si vous avez des difficultés à digérer les produits laitiers ou si vous êtes intolérant. Pour terminer, la teneur en lipides (gras) est plus haute que la concurrence.

Zoom sur la marque Harder

Poudre de lait

La marque utilise du lait « natif » issu de l’industrie laitière, obtenue via un procédé « doux« . Aussi, l’origine du lait est tracée et issue à plus de 80% d’élevage français. La marque garantie également une véritable visibilité sur leur matière première où chaque lot est tracé. En effet, le consommateur a la possibilité de flasher via un QRcode son paquet afin d’avoir accès à l’ensemble des résultats des analyses biologiques qui ont été réalisées sur sa Whey avec un certificat de conformité.
On note également un apport en BCAA, plutôt intéressant avec 20g/100g en moyenne contre 15g/100g pour Xnative et inférieur à 10g chez Myprotein.

Émulsifiant

La marque utilise de la lécithine de soja mais garantie une lécithine issue d’un soja NON OGM.

Lipides et lactose

Le produit contient une faible teneur en matières grasses (1,65g/100g) en moyenne contre 6,69% pour Xnative et 7,5% pour Myprotein. On note également une faible teneur en lactose voire juste à l’état de traces sur certaines références.
Bilan : l’étiquetage est assez respecté. Cependant, la marque à tendance à arrondir à l’unité supérieure les quantités de protéines contenues par portion. La raison peut provenir du fait que la Whey est issue directement du lait, ce dernier pouvant avoir des teneurs en protéines différentes. Pour terminer, la marque utilise des additifs avec des sucres de synthèse et des arômes artificiels.

Zoom sur la marque Nutrimuscle

Poudre de lait

Il s’agit également d’une Whey native, garantie sans GMP (donc bien issue de l’industrie laitière). La marque garantie un produit sans traces de présure (utilisé dans l’industrie fromagère pour coaguler le lait afin de former une base de fromage). La poudre de lait est tracée et leurs fournisseurs connus (DMV et LACTALIS) où les certificats sont téléchargeables sur leurs sites web. Ils certifient ainsi une origine différente de la Chine ou de l’Europe de l’est mais fluctuant en fonction des lots.

Protéines et lipides

La teneur est excellente (environ 78g/100g) avec près de 23g/100g de BCAA. La teneur en lipide quant à elle est faible avec (3gr/100gr).

Édulcorants

La marque fait le choix de ne pas en utiliser et donc d’opter pour une texture plus grumeleuse , moins instantanée, mais garantie sans OGM et sans problème d’allergie.

Lactose

Cette poudre est musclée en prébiotiques, probiotiques et enzymes permettant respectivement d’accroître l’assimilation des acides aminés, de nourrir notre flore intestinale et découper les molécules de lactose pour être plus digeste par l’organisme. Pour information, la marque est certifiée « Kasher » et « Halal« . Pour terminer, elle possède un très bon rapport qualité/prix avec un prix au kg à 18 euros (pour un achat groupé par sac de 25kg).
Bilan : la marque utilise le terme de bio-actif. Ce dernier ne veut pas dire que le produit est issu de l’agriculture biologique mais signale que cette Whey est riche en probiotiques. Ensuite, la marque n’indique pas le fait d’avoir une Whey native sur l’ensemble de ses lots. Par conséquent, il est important de souligner le mélange potentiel de Whey natives et fromagères (tout en gardant les certifications sans OGM, sans GMP et sans présure). Pour terminer, ils utilisent des additifs avec l’ajout du sucre de synthèse (sucralose) et d’arômes de synthèses.

Zoom sur la marque Aptonia (Décathlon)

Dernier focus  de notre aperçu pour celles et ceux qui souhaitent du « pratique » à un prix abordable. Cette Whey est clairement issue de l’industrie fromagère (donc présence de plus de 50% de GMP) mais possède quelques atouts notables qui méritent d’être précisés dans ce paragraphe.

Lipides, protéines et lactose

Le produit a une teneur faible en matières grasses (2,4g/100g), une forte teneur en protéines (83g/100g) et une très faible teneur en lactose (intéressant pour les personnes avec une digestion difficile).

Émulsifiants et étiquetages

La marque utilise de la lécithine de soja mais aussi de tournesol. Enfin, elle respecte ses allégations par rapport au contenu réel du produit fini, d’ailleurs salué par « 60 millions de consommateurs » qui attribue une note de 15.5/20.
Bilan : attention toutefois, il n’y pas de traçabilité de la matière première. On en connait pas l’origine ni la teneur en isolat versus le concentré de protéines. Pour terminer, la marque utilise des édulcorants et arômes de synthèse.

Conclusion

En définitive, dans cette jungle alimentaire, il est malheureusement nécessaire d’être un minimum renseigné pour choisir le bon chemin et s’en sortir convenablement, sans être ou devenir un spécialiste. Dans ce cadre là, nous avons le devoir d’être explicite dans nos publications d’où la longueur de nos articles même si on s’attache à faire au plus simple. Pour certaines et certains, c’est un peut-être un frein à la lecture, mais sachez que l’histoire de l’alimentation est une formidable aventure qui peut seulement vous faire du bien.
C’est un sujet complexe avec différents acteurs qui entrent en ligne de compte (producteurs, éleveurs, exploitants, négociants, industriels, distributeurs, consommateurs). Il est pratiquement impossible de résumer des sujets de cette importance en quelques lignes seulement. C’est pourquoi, nous jugeons utile de renseigner et de documenter nos articles et c’est une véritable valeur ajoutée au regard du discours consensuel et standardisé qu’on retrouve sur la toile : « Bonjour les fitgens » pour être en bonne santé mangez et achetez des compléments alimentaires ». Ces phrases sont simples et audibles certes, mais réfléchir avant d’acheter c’est commencer à devenir consomm’Acteur et par conséquent responsable vis-à-vis de soi-même et de la planète.

Consommer responsable dans le cadre d’une activité sportive, n’est clairement pas donné à tout le monde et les faits sont là, il suffit de regarder les produits mis en avant par nos zozos préférés. Faire de la santé son cheval de bataille c’est une chose, mais en tant que personnage public il faut le faire jusqu’au bout. C’est pourquoi, il est nécessaire d’établir un dialogue transparent entre l’industriel, le zozo et son public. Montrer son cul, ses abdos ou danser à la salle de sport c’est super mais au-delà de notre instinct de voyeur, on souhaite avant tout des conseils, de la performance et de l’intelligence. Soyez responsable, montrez l’exemple.

Abréviations utilisées dans l’article

  • ANSES : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
  • DJA : Dose maximale journalière d’un additif qui peut être consommée par une personne durant toute sa vie (en mg d’additif par kilo de poids corporel et par jour)
  • E xxx : code international à 3 chiffres pour identifier les additifs alimentaires (le E correspond au code européen)
  • EFSA : European Food Safety Authority
  • FAO : Food and Agriculture Organization
  • JEFCA : Joint Experts Committe for food additives (instance de la FAO/OMS) – évaluation du risque chimique
  • WHO / OMS : World Health Organization / Organisation Mondiale de la Santé

Laissez un commentaire ! (2)

https-innutswetrust-fr

Nut's food

Impressions et conseils.

Nut's news

Aventures et états d'âme.

Nut's book

Un peu de lecture.

Sur INSTAGRAM : @grandecharpente & @BEN_VOIRIN

L'ESPRIT #INNUTSWETRUST !

Réseaux sociaux

Contactez-moi !

hugo@innutswetrust.fr

Au 5ème siècle avant J-C, un médecin grec de l’antiquité, Hippocrate disait : « Que ton alimentation soit ta première médecine ». Aujourd’hui, force est de contaster que ce conseil médical, qui a pourtant traversé les siècles, est bien trop vite oublié. Pourtant, à l'heure où la santé et le bien-être sont au coeur des préoccupations sociétales, l'alimentation devrait et doit retrouver ses lettres de noblesses.

Les graines, alimentation de base des peuples de "chasseurs-cueilleurs" font partie intégrante de notre évolution et participent à la sauvegarde d'un « capital santé » sain et cohérent. Propre à chaque individu, je souhaite préserver et enrichir ce capital pour le mettre au service de mes envies, de ma carrière professionnelle et personnelle. Une santé que je souhaite mettre à profit des autres pour montrer par les actes les bienfaits de cette démarche pour moi, pour vous, pour elle, la planète « Terre ».