Un miel 100% miel ?

par | Sep 7, 2018 | nut's food |

Contexte merveilleux

Prenez quelques minutes et suivez-moi dans un monde merveilleux. Imaginez un beau soleil, une matinée d’été, au dessus d’une somptueuse prairie où se mêlent une faune et une flore luxuriante. Une rivière plutôt étroite traverse cette belle prairie. L’eau est limpide, il y a peu de fond et la musique de l’eau ruisselante sur les galets vous procure une sensation de plénitude propice à la réflexion. Au loin, vous apercevez quelques moyennes montagnes tout juste arborées avec un peu de bétail. Vous êtes à la lisière d’une forêt où se mêlent résineux et feuillus où vous sentez parfaitement la fraîcheur du sous-bois avec quelques notes de résine. Le vent dans les arbres, le chant des oiseaux et les va-et-vient des insectes témoignent d’une nature en parfait état, aux milles couleurs, généreuse et resplendissante. Vous êtes spectateur de ce cadre naturel où un vent léger caresse votre visage et vous êtes merveilleusement bien, accompagné de vos ami(e)s. Vous marchez, vous observez, vous faites corps avec ce cadre naturel où vous vivez.
Bienvenue au pays des graines, lieu où l’homme est spectateur de la nature. Certes, il fait parti de ce décor puisqu’il consomme, cultive, façonne, cueille, pêche et chasse. Mais c’est un endroit où l’homme est respectueux de l’environnement. Il prend exclusivement ce dont il a besoin, toujours dans un soucis de préservation et de renouvellement permanent. Il entretient la nature, car il est conscient qu’il doit tout mettre en oeuvre pour qu’elle soit en capacité de donner aujourd’hui mais aussi demain, aux générations futures. Tous les éléments sont liés et vous êtes un élément. C’est un cercle vertueux puissant mais fragile et vous en avez conscience.
En parcourant cet endroit avec vos ami(e)s, vous tombez sur un trésor. Il s’agit d’une ruche pleine de miel et c’est un don du ciel, rare denrée alimentaire produite par un animal, sans intervention humaine. C’est de l’or liquide et vous l’appréciez avec parcimonie comme un véritable bien précieux. À cet instant, vous imaginez cette scène mais sachez que vous êtes en mesure de la rendre bien réelle, en parcourant lors de la période estivale nos nombreuses campagnes françaises pour en être témoin.

Malheureusement cette denrée rare est aujourd’hui mise à mal par notre société de consommation où les industriels tentent de standardiser ce produit de luxe en proposant une gamme de produits pour tous les budgets. Au lieu d’être considérer et à juste titre comme un produit exceptionnel, le miel devient un aliment de consommation courante. C’est pourquoi, notre article présenté sous forme de dossier complet, a pour objectif de dresser son portrait exhaustif et objectif dans le but de sensibiliser les consommateurs.

En 2018, rejoignez le pays des graines : #INNUTSWETRUST

Le miel : définition

Le miel est l’une des rares denrées alimentaires totalement naturelle, produite par un animal sans intervention humaine.

C’est aujourd’hui un produit (re)devenu tendance notamment dans le sport via une introduction dans l’alimentation du sportif avec des vertus prouvées sur la santé. On note également sa large utilisation dans le domaine de la cosmétique où l’on soigne et soulage par l’apithérapie.

La texture du miel

Techniquement, le miel est toujours liquide à la sortie de la ruche et sa cristallisation est plus ou moins rapide selon la composition. Par exemple, un miel de colza va se durcir dès sa mise pot alors qu’un miel de résineux, comme l’acacia, restera toujours liquide. Il existe trois types de texture : liquide, solide et cristallisée.
Cependant, il est tout à fait possible de modifier la texture du miel. La malaxation à froid d’un miel cristallisé permet d’obtenir une texture crémeuse, très apprécie du consommateur. Aussi, si on chauffe un miel cristallisé, sa texture devient liquide. En revanche, chauffer un miel avec une température supérieure à 40°C dégrade le miel. Si cette température dépasse les 60°C, le produit n’a plus aucune qualité thérapeutique et/ou sanitaire.

Comprendre le mécanisme de production du miel

Le miel (substance sucrée) est élaboré par les abeilles à partir du nectar des fleurs ou alors du miellat (excrétion produite par des insectes suceurs comme les pucerons ou les cochenilles) pour faire du miel de résineux (sapin, pin, acacia…) ou de feuillus (châtaignier par exemple). Elles entreposent le miel dans une ruche et s’en nourrissent tout au long de l’année, en particulier lors de périodes climatiques défavorables.
Les abeilles à miel sont des insectes sociaux parmi les abeilles qui produisent du miel en quantité significative (car il existe d’autres espèces) mais qui ne produisent pas en quantité suffisante pour être dans cette catégorie. C’est le nom usuel de l’abeille européenne (Apis mellifera).
Très sommairement, on trouve :

  • les abeilles butineuses qui sont chargées de l’approvisionnement de la ruche. Elles se posent sur des plantes à fleurs (angiospermes : explications sur https://innutswetrust.fr/nuts-story-regime-paleolithique/), pour récupérer le nectar, exclusivement sur des plantes mellifères (produisant de bonnes quantités de nectar et de pollen de bonne qualité et accessible).
  •  les abeilles qui récoltent le miellat à partir de la sève des arbres qui sera utilisé de la même façon que le nectar.

L’élaboration du miel commence dans le jabot de l’abeille ouvrière (poche de stockage dans son œsophage), pendant son vol vers la ruche. Les abeilles ajoutent dans leur jabot une enzyme, protéine dotée de propriétés catalytiques (rôle d’accélérateur dans les processus biochimiques), nommée l’invertase (glycoside hydrolase) qui produit un processus chimique où elle catalyse l’hydrolyse du saccharose alimentaire (sucre) en fructose et glucose. Arrivée à la ruche, l’abeille butineuse régurgite le nectar à une abeille receveuse qui à son tour régurgitera et ré-ingurgitera ce nectar riche en eau en le mêlant à de la salive et à des sucs digestifs, ayant pour effet de compléter le processus de digestion des sucres.
Une fois stockée dans les alvéoles, le miel est déshydraté par une ventilation longue et énergique via les abeilles ouvrières ventileuses.

Ce processus est magique mais complexe : 500 grammes de miel est égal à la visite par les abeilles de 8 700 000 fleurs soit 7 000 heures de travail (Heinrich, 1975). Il s’agit donc d’une denrée à considérer comme rare et exceptionnelle et donc à déguster.

Les propriétés antibactériennes du miel

Depuis l’antiquité dans le bassin méditerranéen, le miel est utilisé en pansement sur la peau ou dans le tube digestif puisqu’il participe à la cicatrisation des tissus. Il est aussi relativement efficace pour stimuler les défenses immunitaires contre les virus et les bactéries. Enfin, c’est aussi un produit antioxydant et anti-inflammatoire (Journal of Agricultural & Food Chemistry, 2002).

La composition du miel

L’indice glycémique est relativement plus bas que du sucre, mais à peu près la même valeur calorique. Il est composé à 80% de sucre avec 38% de fructose et 31% de glucose (dont le maltose et le saccharose). Enfin il est composé de 18% d’eau et contient des ogligosaccharides, comme le turanose (bon pour la flore intestinale), des sels minéraux et notamment du magnésium. Il n’y a pas de date limite de consommation sur le miel.

Économie du miel : la production mondiale

La Chine est le premier producteur mondial de miel. L’Ukraine, quant à elle, est le premier producteur de miel en Europe (grenier à miel européen)  soit environ 400 000 apiculteurs.

Pour faire simple, ces pays producteurs maintiennent le prix du miel très bas (inférieur à 2€/kg). Bien entendu, ces prix n’arrangent pas les producteurs mais les sociétés d’exportations qui maintiennent un prix artificiellement bas (maximisent la vente de gros volumes pour augmenter leurs profits). Les deux schémas ci-dessous témoignent de la domination du marché Chinois sur la production de cette denrée rare.

Si on observe le TOP 10 des pays producteurs on s’aperçoit qu’on ne retrouve toujours pas la France d’où l’importance de cet article. D’une part, pour faire prendre conscience au lecteur que le miel bon marché est à 99,9% non-français et d’autre part pour montrer que le marché du miel est avant-tout (malheureusement) un business orchestré encore une fois par des producteurs peu soucieux du bien-être envrionnemental. 

Économie du miel : la production française

  • Environ 16 000 tonnes de miel produit par an, avec plus de 1 300 000 ruches ;
  • Près de 3 tonnes de gelée royale par an ;
  • 45 000 tonnes de miel consommées en France par an dont 86% pour la consommation à domicile, 9% pour l’industrie et 5% pour la restauration hors foyer (FranceAgrimer, Février 2018) ;
  • La France est le 5ème pays importateur avec plus de 35 000 tonnes importées en 2016, principalement en Chine (7,2 kt), en Espagne (6 kt) et Ukraine (3,3 kt) (Les Échos, 2017) ;

Pour information, vous trouverez ci-dessous la répartition en France, de la production par miellée (pic d’activité des essaims d’abeilles au cours duquel la production de miel est la plus intense).

En France métropolitaine, le miel « toutes fleurs » reste la miellée la plus importante avec plus de 21% du volume produit. On retrouve ensuite le miel de Châtaignier, de Colza puis de Tournesol, espèces végétales qui dans certaines régions ont de meilleures conditions climatiques. En effet, d’une année à l’autre, le volume produit est fortement corrélé au climat.

NB : Attention à la lecture des chiffres notamment pour le Châtaignier où le rendement par ruche en production est en recul de 4.6 kg/ruche en moyenne. Il convient donc pour chaque miellée, d’analyser également son rendement par ruche en production d’une année à l’autre.

La chute démographique des abeilles

  • En France depuis la sortie de l’hiver 2017, les abeilles sont touchées par une très forte mortalité. D’ailleurs, un rassemblement d’apiculteurs a eu lieu le 7 juin 2018 à Paris pour réclamer des mesures concrètes de la part du Gouvernement ;
  • L’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) enregistre des pertes records : 20 000 colonies d’abeilles mortes cet hiver en Bretagne, des pertes allant de 60% à 90% du cheptel dans d’autres régions. Ce phénomène date depuis les années 1990 avec une baisse de 50% du nombre d’apiculteurs et une baisse de 21% du nombre de ruche entre 1994 et 2010 (FranceAgriMer, Audit de la filière apicole, 2012). On note que ce phénomène est équivalent aux Etats Unis et au Canada en 2006 avec des pertes de cheptel de 30% à 90% (USDA, 2010) et dans d’autres pays Européens depuis le début des années 2000 : Italie, Espagne, Allemagne, Grèce, Pays Bas. On notera la caractérisation de ce phénomène par l’émergence du concept de « Colony Collapse Disorder » (CDD ou Syndrome d’effondrement des colonies) ;
  • Enfin, l’apparition des néonicotinoïdes (catégorie d’insecticides influant sur le système nerveux central des insectes) en France au début des années 1990 a une influence sur cette chute démographique ;

Important : on note l’obligation au Sichuan (Chine) de polliniser manuellement car d’une part, il n’y a plus assez d’insectes pollinisateurs et d’autre part, pour accélérer les processus biologiques (National Geographic, le silence des abeilles, 2008 ; Fougeroux, Sygenta, 2017).

Le graphique ci-dessus représente la chute démographique des abeilles depuis 1990. L’ANSES (ex-AFSSA) publie en 2008 un rapport (Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d’abeilles) qui met en avant 4 facteurs clés, responsables de la mortalité et de la diminution du nombre d’abeilles en France  à savoir :

Premier facteur clé : les pathogènes biologiques

L’acarien Varroa Destructor est une des premières causes d’affaiblissement de l’abeille (Bailey et Ball,1991). Il s’agit d’un champignon (famille Nosema) où sa multiplication dans le tube digestif de l’abeille entraîne une dysenterie (infection) grave voire mortelle.

Deuxième facteur clé : les agents chimiques

Aujourd’hui, on compte environ 5000 produits phytosanitaires susceptibles d’impacter négativement les colonies d’abeilles en provoquant des dommages irréversibles (ACTA, 2008). Il est important de souligner que ce n’est pas forcément l’utilisation d’un seul produit qui est nuisible mais l’action de plusieurs pesticides qui nuit aux pollinisateurs. On parle d’effet cocktail. À  titre d’information, jusqu’à 170 produits de synthèse différents peuvent être trouvés dans des ruches de colonies d’abeilles malades (Decourtye, 2018).

Nouveaux pesticides mis en cause : les néonicotinoïdes – suspectés de désorienter les abeilles et d’impacter la mémoire de l’abeille. La conséquence est sans appel : elles ne parviennent plus à retrouver la ruche.

Troisième facteur clé : l’environnement

  • La diminution de la biodiversité avec l’augmentation de la monoculture et la diminution des espaces verts aboutissent à une réduction des ressources alimentaires de l’abeille – en quantité et en qualité (Weibull et al., 2003 ; Todd et al., 2007). Il s’agit d’un cercle vicieux puisque la diminution d’essences florales provoque une diminution de pollinisateurs. Les deux étant interdépendants, la gravité du phénomène est nécessairement croissante ;
  • Les abeilles ouvrières sont potentiellement sensibles lors de fortes montées de températures avec une perte du sens de l’orientation (Tautz et al., 2003). On observe également des déficiences de l’apprentissage (Jones et al., 2005) ;
  • Certaines plantes OGM résistantes aux herbicides peuvent également être nocives pour les abeilles en produisant des toxines qui agissent comme inhibiteur des sérines-protéases, les enzymes de digestion des abeilles (Babendreier et al., 2006) ;
  • On note également des problèmes d’intoxication liés à l’ingestion de pesticides par les abeilles avec une mortalité journalière de 25% à 50% chez les butineuses intoxiquées (Etude INRA PACA & CNRS, 2008) ;

Quatrième facteur clé : les pratiques apicoles

En 2018, les populations d’abeilles sont faibles et plus enclines à attraper des maladies. En conséquence, le rôle de l’apiculteur est prépondérant. Les causes de mortalité apicole sont multiples  :

  • L’expansion de maladies graves est favorisée en introduisant des abeilles contaminées dans une colonie saine, réutilisant des ruches infectées pour une nouvelle colonie où les traitements apportés peuvent être insuffisants (Nguyen et Haubruge, 2005) ;
  • La nourriture de substitution est sous-dosée en période d’hivernage (Imdorf et al., 2007) ;
  • On observe des affrontements entre colonies dans les cas d’une transhumance des ruches (Webster et al., 1985) ;

Les conditions de l’apiculture française sont également à mettre dans la balance : il y a une forte concurrence avec des marchés étrangers pouvant être « déloyaux » (Chine, Etats Unis, Ukraine, par exemple) puisque ces pays utilisent des intrants de synthèse ou de la nourriture de substitution interdits dans l’Union Européenne.

Pourquoi protéger les abeilles/pollinisateurs ?

  • La pollinisation permet d’assurer de 70 à 80% de la reproduction des plantes à fleurs ;
  • 35% du poids de notre alimentation dépend fortement ou totalement d’une pollinisation animale, ce qui représente une valeur économique de 153 milliards d’euros, soit 9,5% de l’ensemble de la production alimentaire mondiale (INRA, Programme Alarm, 2006-2009) ;
  • Beaucoup d’espèces végétales sont fécondées par les insectes : plantes à fleurs cultivées pour leurs fruits (pomme, poire, kiwi, melon…etc), pour leurs graines (tournesol, sarrasin, colza…etc), leurs racines (carottes, radis, oignons) et/ou leur feuillage (chou, salade, etc…) ;
  • Il y a contribution des abeilles à la biodiversité : la communauté scientifique redoute une disparition en cascade de la flore et de la faune, à la suite de cette chute démographique des colonies d’abeilles.

Moins d’abeilles → moins de pollinisation → moins de biodiversité → moins de fruits/légumes → moins de nourriture « naturelle » sans obligation d’implémenter des solutions génétiques → potentiellement plus de crises sanitaires dans le monde à venir

  • Des mesures se mettent en place : Interdiction au 1er septembre 2018 de 5 néonicotinoïdes (qui s’attaquent au système nerveux des abeilles), dont 3 d’entre eux font déjà l’objet de restriction d’utilisation dans l’UE depuis 2013 (Journal Officiel, 1er août 2018) ;
  • Mise en place depuis quelques années en France de zone de jachère fleurie et/ou de fauche tardive (en général en bordure des routes) pour favoriser l’essor de la biodiversité de la flore et donc in fine, des pollinisateurs.

Le marché du miel

  • Demande croissante du miel dans le monde mais diminution du nombre d’abeilles donc de la production du miel, gelée royale et dérivés ;
  • Les apiculteurs et industriels pratiquent de plus en plus l’importation d’insectes (abeilles) ou de miel ;
  • Phénomène de fraude à l’échelle mondiale (Garcia, président de l’Organisation internationale des exportateurs de miel, 2015) où le miel est le troisième produit le plus frelaté au monde ;
  • En 2015, la Commission Européenne teste 2000 échantillons de miel : 32% d’entre eux n’étaient pas conformes à la réglementation ou suspectés de ne pas l’être ;
  • L’industrie du miel accuse les apiculteurs amateurs de poser problèmes car ils échappent aux contrôles (Vincent Michaud, PDG Famille Michaud Apiculteurs, propos recueillis par Les Echos, 2017). Il n’y a pas de statut défini d’apiculteur en France donc effectivement peu de contrôles des petites productions ;
  • En 2015, en France, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) teste près de 138 miels. 43% des 138 miels analysés (soit 59 produits) ont été déclarés « non conformes » ou « non satisfaisants » ;

Petite analyse de ces résultats : 1 miel sur 4 recèle une anomalie de composition/origine ou qualité (présentation de miels plurifloraux comme issus d’une seule plante, mention d’origine erronée, miels abusivement chauffés) – (DGCCRF, 2015). Plus d’1 miel sur 5 a un étiquetage non conforme : origine absente ou erronée, absence du la mention du responsable sur la mise sur le marché, utilisations de labels et/ou logo non autorisés. Enfin, plus d’1 miel sur 10 est adultéré : avec ajout de sucres (canne à sucre ou maïs jusqu’à 44%) ou d’eau. En conséquence, si on creuse un peu, on se rend compte que les allégations de l’industrie à l’encontre des apiculteurs ne sont pas justifiées puisque ces éléments n’ont pas de lien avec les producteurs et leurs étales sur le bord des routes ou sur les marchés.

  • Le miel Chinois est reconstitué à partir de sirop de maïs ou de riz, potentiellement enrichis avec des pollens. Ces productions sont malheureusement très élaborées où il est difficile de détecter ces spécificités avec des analyses de routine (Henri Clément, UNAF, 2017). Seulement 15% du miel Chinois rentre dans nos critères réglementaire du miel de l’UE (Bruneau, Apimondia pour Reporterre, 2017) ;
  • Le miel Espagnol correspond à une exportation de 30 kt de miel en 2016 alors que la production nationale en Espagne est de moins de 16 kt par année. Ces chiffres sont bien réels puisque l’Espagne importe du miel à bas coût et le reconditionne directement pour l’exporter en France notamment (UNAF, 2017) ;
  • Le leader européen du miel, à savoir la famille Michaud (marques Lune de Miel, Miel l’Apiculteur, Sunny Via, Maple Joe) travaille avec la Chine. Récemment, ils n’ont pas voulu répondre aux questions du magazine « Reporterre » concernant la traçabilité, la qualité et les origines du miel ;

NB : les prix à l’import sont conditionnés par leur provenance (Commission Européenne, 2016 ; FNSEA, 2018) : Chine : 1,6€/kg, Ukraine : 2€/kg, Argentine : 2,5€/kg, France à partir de 4 à 5€/kg. Les miels reconstitués sont issus de mélanges et différents en fonction des lots. Il est par conséquent difficile de pointer spécifiquement des marques.

  • Test UFC Que Choisir en 2014 : les miels des marques distributeurs Leclerc (Marque Repère – Nid d’abeille), Auchan (Pouce vert), Cora (Winny), Intermarché (Top Budget) et Leader Price (Le prix gagnant) ont été pointés du doigt car frelatés : ajouts de sucre dans les pots.

La réglementation Européenne

  • La Réglementation en UE n’est pas contraignante : obligation de seulement indiquer « du pays ou des pays d’origine où il a été récolté » ;
  • La directive européenne précise que le miel a pour origine plus d’un pays (en UE ou hors UE). En conséquence, les industriels peuvent ne pas préciser le pays d’origine et juste indiquer : « mélange de miels originaires de la Communauté européenne (CE ) » ou « mélange de miels non originaires de la CE » ou « mélange de miels originaires et non originaires de la CE». Le résultat est visible sur la plupart des pots de miel avec la mention « origine UE / non UE », traduisez de la planète Terre (donc plutôt vague l’origine). Il n’y a donc pas de traçabilité sur les miels industriels du marché européen, même en France. Par exemple, les miels reconditionnés Espagnols peuvent très bien provenir de Chine (Protéis, 2015) ;
  • Elle autorise l’ajout de sucre avec une tolérance à 5% d’ajout de saccharose dans le miel. Cependant, à l’heure actuelle, les sirops industriels d’amidon hydrolysé (maïs par exemple) ne contiennent pas de saccharose et ainsi les industriels peuvent en utiliser en restant dans la légalité ;
  • Les usines Chinoises sont capables de fabriquer des produits très proches dans leur composition du miel mais restent non conformes aux normes UE (Paul Schweitzer, Centre d’études techniques apicoles Moselle-Lorraine – Cetam, 2015) ;
  • Les importateurs savent très bien qu’ils achètent et reconditionnent du faux miel tout d’abord avec le prix d’achat et avec les contrôles réalisés via des laboratoires d’analyses : Eurofins ou laboratoires RMN interne à Michaud Apiculteurs (Unaf, 2017) ;
  • 47% des miels en vente direct seraient de « la fraude à l’importation » (Protéis, 2015).

Les miels VEGAN

Ils sont composées de sucre, d’inuline/chicorée (censée permettre une réduction du taux de lipides et de réduire le taux de glucose dans le sang – inefficace), de jus de fruits et de mélasse (moins sucré/calorique) que le miel classique mais pas la même qualité de sucre. Le miel VEGAN est un faux miel est n’a pas d’intérêt (sanitaire, gustatif et économique).

L’apiculture BIO (AB ou UE)

  • Les cultures localisées dans un périmètre de 3 kilomètres aux alentours de la ruche doivent suivre un mode de production biologique et/ou d’une flore spontanée (à l’état naturel) ;
  • 600 apiculteurs BIO en France en 2017 soit une augmentation de 9% par rapport à 2016  et de 50% par rapport à 2008 ;
  • Apiculture BIO représente 14% du cheptel français ;

Conclusion : les solutions

S’agissant de l’alimentation, la règle d’or est : consommer local, de saison des produits issus d’une agriculture biologique et/ou raisonnée. Manger du miel est différent de manger du sucre. Il s’agit d’un produit de luxe avec des vertus thérapeutiques et nutritionnelles à la différence du sucre.

  • Il est très difficile pour le consommateur de savoir repérer un vrai d’un faux miel mais il y a quelques astuces : choisir un miel 100% pur Français. S’il n’est pas Français, il est compliqué de connaitre la traçabilité du produit. Attention à la mention « mis en pot en France » différente de « production Française » (en général, c’est une preuve d’importation) ; 
  • Privilégier le miel des apiculteurs locaux : essentiellement des passionnés respectueux de leurs abeilles et des consommateurs. Acheter du miel français, c’est participer à la valorisation de la filière apicole en France, garantir un revenu allant directement au producteur sans intermédiaire et favoriser l’essor de la biodiversité sur le territoire (car du coup pollinisation en France).

Attention : si le vendeur propose plus de 5 types de miel c’est louche. Présenter 5 miels différents représente énormément de travail pour un apiculteur entre les transhumance de ses ruches, les récoltes etc…

  • Privilégier le BIO pour s’assurer de la qualité de votre miel ;
  • Traquer le faux-miel : marques « low cost » à éviter. En dessous de 4€ il s’agit d’un miel d’importation avec possiblement ajout de sucres ;
  • En grandes surfaces, il faut privilégier les miels de terroir (pour éviter les assemblages de lot de miel d’importation), reconnaissables avec le label IGP (indication géographique protégée) et AOP (appellation d’origine protégée) ou avec la certification Label Rouge qui garantit la qualité du produit.

Les marques vertueuses

  • Miel toutes fleurs : Le miel des consommateurs (C’est qui le patron ?!) en BIO ou en conventionnel (Origine France) ;
  • Miel de montagne : Cavaroc Gerard (origine France) ;
  • Miel d’acacia : Miel de Labouiches (BIO, France), M. Lacarte (France) ;
  • La vie claire : Miel BIO ;
  • Miel de la cordillère des Andes – Carrefour : Commerce équitable

Si vous êtes adeptes des marchés locaux, de pays ou si vous connaissez un petit producteur du coin, n’hésitez pas à lui prendre quelques pots de miel, bien entendu ! Gardez à l’esprit que c’est une denrée rare qui doit être consommer avec P.A.R.C.I.M.O.N.I.E.

Les marques à éviter

Référence à l’étude de l’association « 60 Millions de consommateurs », 2011 ; INC, 2011

  • Lune de miel (Michaud) : mélanges indéterminés de miels et présence de nombreux polluants ;
  • L’Apiculteur (Michaud) : origine France mais très forte concentration de pesticides ;
  • Hédiard : miel hors de prix pour un produit de Hongrie chargé de pesticides ;
  • Provenance Nature : teneur en HMF (hydroxyméthylfurfural) beaucoup trop élevée (118,8mg/kg contre < 40mg/kg normalement). La teneur en HMF est un indicateur du vieillissement du miel et une teneur élevée indique une conservation longue ou dans de mauvaises conditions ;
  • Famille Mary : miel de multiples origines européennes, présence d’antibiotiques, taux d’HMF élevé (>43mg/kg) ;
  • Coté miel / miel de fleurs équitable : taux d’humidité trop élevé (21% contre max 18% légalement) ;
  • Miel de fleurs U BIO : Très faible activité amylasique (4 sur l’échelle de Schade quand le minimum est de 8). Cet indicateur permet de nous informer sur la conservation du miel, plus il est bas, plus l’activité enzymatique est faible. Par conséquent, soit le miel a été mal conservé, soit il a été réchauffé pour être transvaser plusieurs fois (assemblages par exemple).

Maintenant tu le sais ! 
Ben et Hugo
#INNUTSWETRUST

Sources : organismes de réglementation et de recherche

Sources : lois et directives

Sources : presse généraliste et spécialisée

Sources : ouvrages

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Au 5ème siècle avant J-C, un médecin grec de l’antiquité, Hippocrate disait : « Que ton alimentation soit ta première médecine ». Aujourd’hui, force est de contaster que ce conseil médical, qui a pourtant traversé les siècles, est bien trop vite oublié. Pourtant, à l'heure où la santé et le bien-être sont au coeur des préoccupations sociétales, l'alimentation devrait et doit retrouver ses lettres de noblesses.

Les graines, alimentation de base des peuples de "chasseurs-cueilleurs" font partie intégrante de notre évolution et participent à la sauvegarde d'un « capital santé » sain et cohérent. Propre à chaque individu, je souhaite préserver et enrichir ce capital pour le mettre au service de mes envies, de ma carrière professionnelle et personnelle. Une santé que je souhaite mettre à profit des autres pour montrer par les actes les bienfaits de cette démarche pour moi, pour vous, pour elle, la planète « Terre ».