Monster : boisson pour sportif

15 février 2022

Monster : boisson pour sportif

Les boissons énergisantes font couler beaucoup d’encre et sont largement critiquées : sur internet, on trouve quantité d’informations farfelues à leur sujet :  potentiellement à risques pour la santé, présence de produits dopants, provoque des arrêts cardiaques, etc…C’est pourquoi, on vous propose dès maintenant de décrypter les étiquettes pour avoir le cœur en net et savoir une bonne fois pour toute si on peut en consommer en toute sécurité !

Lecture des étiquettes

Monster possède un très grand nombre de références différentes. Après une analyse poussée de l’ensemble de leurs produits, nous n’en présenterons que deux dans cet article.

Les produits Monster avec leur score et risques associés sont à retrouver dans la base de données ScanNuts

Nous focalisons donc l’article sur le Monster Energy classique et la référence Hydrosport Super Fuel.

wdt_ID Monster Hydrosport Super Fuel Monster Energy
2 Eau purifiée, acidifiant (acide citrique), arômes, régulateur d'acidité (citrate de sodium) Eau gazéifiée, sucre, sirop de glucose, acidifiant (acide citrique), arômes, taurine (0.4%), correcteur d’acidité (citrate de sodium),
3 électrolytes (lactate de magnésium, phosphate de potassium), BCAA (0.07%), (L-leucine, L-isoleucine, L-valine), maltodextrine, conservateurs (Sorbate de potassium, benzoate de sodium), caféine naturelle (305mg/l), édulcorant (sucralose) extrait de racine de ginseng (0.08%), L-tartrate de L-carnitine (0.04%), conservateurs (acide sorbique, acide benzoïque), caféine (0.02%)
4 chlorure de sodium, extrait de carthame, huiles végétales (noix de coco, colza), amidon modifié, vitamines (B3, B6), inositol, colorant (E120). *Teneur élevée en caféine, déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes ou allaitantes. colorant (E163), vitamines (B2, B3, B6, B12), édulcorant (sucralose), chlorure de sodium, D-glucuronolactone, extrait de graine de guarana (0.002%), inositol, maltodextrine

Le cas de la caféine 

La caféine est très connue et étudiée des scientifiques depuis plus de 100 ans. Pourtant, dans la société civile on entend tout et son contraire.

C’est un puissant stimulant qui en plus peut avoir des effets bénéfiques :

  • Amélioration de l’endurance
  • Augmentation de la force et amélioration de la contraction musculaire
  • Amélioration des performances qui seraient amoindries à cause d’un manque de sommeil
  • Augmentation du métabolisme de base (augmentation dépense énergétique du corps)
  • Diminution de la mortalité

 

Tout cela corroboré depuis des dizaines d’années par des centaines de méta-analyses. Ces effets sont étudiés à partir de 3 mg / kg de poids de corps, en gros l’équivalent de 2 tasses à café par jour (ou 240 mg pour une personne de 80 kg). Les études montrent aujourd’hui qu’on reste sur des doses « sûres » jusqu’à 450 mg de caféine par jour (dépend bien évidemment de l’état de santé de la personne !).

Une canette de Monster contient aux alentours de 130 – 160 mg de caféine. On est donc en deçà des 2 cafés, et même du « seuil » de 450 mg au-dessus duquel la consommation pourrait être problématique. Néanmoins, on peut constater des effets secondaires :

  • nausées
  • troubles du transit 
  • troubles du rythme cardiaque pour les personnes les plus réceptives à la caféine ou fragiles

Les professionnels de santé et l’ANSES s’accordent sur le fait que la meilleure consommation de caféine reste celle à partir de café, de thé ou même de guarana. Les interactions entre l’ensemble des molécules des boissons énergisantes sont encore mal connues sur le long terme et parfois très problématiques.

 

La taurine 

Depuis le Redbull, la taurine a très mauvaise presse auprès du grand public. Semence de taureau, excitant…la taurine s’est vu attribuer beaucoup de propriétés plus ou moins vraies. En réalité, la taurine est un acide aminé naturel, naturellement présent dans notre corps et dans ce qu’on mange, mais en petite quantité.

L’ANSES a prouvé que la taurine n’a aucun effet excitant.

Les producteurs de boissons énergisantes, dont Monster, en ajoute dans leur formulation pour avoir une synergie entre la taurine et les BCAA. En effet, en présence de taurine, les BCAA sont vraisemblablement mieux absorbés : ce qui diminue le catabolisme cellulaire et donc améliore la récupération.

En s’arrêtant là, on ajoute juste de l’eau et on se dit que le Monster est en soit une boisson assez « sécurisée ».

En réalité, le problème vient des autres ingrédients présents dans la boisson.

 

Les sucres

Monster, comme la plupart des producteurs de boissons énergisantes, utilise du sucre – et surtout du sucre raffiné. Le sucre blanc raffiné commence à être (très) connu de tous les industriels mais également les spécialistes de santé. Ce sucre n’apporte rien : pas de vitamines, de minéraux ou de quelque intérêt que ce soit.

En gros, c’est de la calorie vide et une petite claque en plus de la caféine pour avoir un peu de plus d’énergie à très court terme.

Monster ne s’arrête pas là et utilise également un type sucre « cracké » : le sirop de glucose. Ce sirop est également très utilisé par les industriels : facile à utiliser, vraiment pas cher, avec un fort pouvoir sucrant. C’est génial.

Pour notre corps, ça l’est moins.

Le sirop de glucose favorise la prise de poids. Sa consommation régulière est également l’un des facteurs d’apparition de diabète de type II. A terme, il contribue aussi à la mortalité cardiovasculaire. Et comme si ça ne suffisait pas, le sirop de glucose provient de maïs ou de blé, cultivé avec énormément de pesticides et d’engrais pour que ça pousse bien et vite…(pas top non plus pour la planète et ses habitants).

Monster utilise comme texturant et stabilisant des amidons modifiés. À partir de blé ou de maïs, les industriels séparent les différentes parties des céréales, notamment l’amidon. Pour améliorer les propriétés pour des usages spécifiques, cet amidon va ensuite être mis en contact des produits chimiques ou enzymes. Consommés régulièrement, les amidons modifiés sont associés à divers problèmes pour la santé : augmentation des risques de diabète, obésité, maladies cardiovasculaires et cancers.

Enfin, Monster utilise également des édulcorants intenses de synthèse, notamment le sucralose. Cet additif, selon les études, induiraient a minima une prise de poids jusqu’à des perturbations de la flore intestinale, avec une consommation régulière. Sur le long terme, les études indiquent même une possible perturbation du système immunitaire et un risque cancérogène.

 

Les autres additifs à risques 

Les risques ne se cantonnent pas aux sucres et édulcorants : on retrouve dans les formulations, d’autres additifs qui posent question.

Monster utilise des minéraux mais sous des formes à risques pour notre santé. C’est le cas des additifs phosphatés comme les phosphates de potassium qui contribue à la contribution de la mortalité cardiovasculaire et surtout favorise l’insuffisance rénale.

Même chose avec la vitamine B12, indispensable mais sous la bonne forme. La cyanocobalamine est la forme synthétique de la B12 et la forme la moins chère sur le marché mais a une mauvaise biodisponibilité voire présente des risques pour la santé, notamment à cause de la présence de cyanure dans sa composition.

On observe l’utilisation du benzoate de sodium, un conservateur à éviter qui peut provoquer des réactions d’hypersensibilité et d’allergie. Chez les enfants, il est même soupçonné de favoriser l’hyperactivité.

Il est important de noter que l’ensemble de ces additifs sont intégrés dans les formulations en dessous des doses maximales autorisées. Le problème n’est ainsi pas la consommation d’une canette de temps en temps mais plutôt la consommation régulière de produits ultra-transformés, dont le Monster, en particulier pour des individus recherchant la performance.

 

Volet environnemental 

Au-delà des problématiques pour la santé, c’est également l’utilisation d’ingrédients à risques pour l’environnement. Monster utilise de l’huile de coco et de colza dans ses produits. Des extraits de guarana également. Des matières premières dont nous n’avons aucune idée de l’origine géographique ce qui pose question pour deux raisons :

  • Ces matières premières viennent de très loin, l’empreinte carbone associée est ainsi très forte
  • Le coco et le guarana peuvent être issues de filières non contrôlées, responsables de déforestation massive et donc de perte de biodiversité

Et c’est sans compter les enjeux sociaux de travail forcé ou d’accaparement des terres des populations locales pour planter du coco par exemple au détriment de cultures vivrières.

Au-delà du contenu, c’est aussi le contenant qui pose des problèmes. Malgré des emballages en aluminium et plastiques dures qui sont aujourd’hui recyclables, ce sont toujours des packagings individuels à usage unique. Donc autant d’énergie dont on a besoin pour chaque canette à produire et autant de déchet et donc d’énergie pour trier / recycler chaque canette consommée.

Maintenant, tu le sais.

 

 

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