Collagène et peau : ce que les études (et le marketing) ne te disent pas

Deux milliards d'euros. C'est ce que pèse le marché mondial du collagène nutritionnel, et il double tous les cinq ans. Des centaines de marques vendent les mêmes promesses avec les mêmes mots : fermeté retrouvée, rides atténuées, peau repulpée. Et toutes citent des études cliniques pour légitimer leurs tarifs.

Rédigé par Hugo
Publié le 18 Mai, 2026

Temps de lecture :

collagène et peau

Le problème, c’est que personne ne dit qui finance ces études. Ni ce que le cadre réglementaire européen autorise réellement à affirmer sur l’étiquette. Ni pourquoi la vitamine C a une allégation santé approuvée par l’EFSA en lien avec le collagène, et pas le collagène lui-même. Ce qu’on fait ici, c’est regarder ce que le collagène fait réellement à la peau, ce que les méta-analyses disent (et ne disent pas), et comment distinguer la biochimie du pitch commercial.

⏱️ En bref : le collagène pour la peau, ça marche vraiment ?

Le collagène oral a des effets documentés, mais bien plus nuancés que ce que les e-commerce affichent. Voici ce qu’il faut retenir avant d’acheter.

1) Le mécanisme : le collagène ingéré est digéré en acides aminés, pas transporté tel quel vers la peau. Les peptides bioactifs spécifiques représentent un mécanisme plausible, mais surinterprété commercialement.

2) Les études : les méta-analyses montrent des effets mesurables sur la fermeté et l’hydratation, mais quasi toutes reposent sur des essais financés par les fabricants d’ingrédients propriétaires (Peptan®, Naticol®, Verisol®).

3) Le cadre légal : l’EFSA n’a validé aucune allégation santé peau pour le collagène oral. La vitamine C, elle, dispose d’une allégation autorisée pour la formation normale du collagène.

4) L’alternative : un apport correct en protéines + vitamine C + zinc coûte beaucoup moins cher et active les mêmes voies biologiques. Poser la question de l’utilité avant celle du dosage.

Le collagène dans la peau : une protéine structurelle, pas un actif ciblé

La mécanique sans jargon excessif

Le collagène est la protéine la plus abondante du corps humain, représentant environ 25 à 35% de la masse protéique totale. Dans la peau, il constitue environ 80% du poids sec du derme, la couche intermédiaire entre l’épiderme visible et l’hypoderme profond.

Son rôle concret : former un réseau de fibres tridimensionnel qui donne à la peau sa résistance aux forces de traction, sa fermeté et son élasticité. Ces fibres sont fabriquées par les fibroblastes, des cellules spécialisées du derme. Quand elles fonctionnent bien et qu’elles ont les ressources nécessaires (acides aminés, vitamine C, zinc), elles synthétisent du collagène en continu. Quand elles vieillissent ou manquent de cofacteurs, la production baisse.

Type I, II, III : ce que ça signifie vraiment (et pour qui)

Il existe plus de 28 types de collagène répertoriés. Trois d’entre eux concentrent tout le discours marketing :

  • Type I : le plus répandu dans l’organisme, présent dans la peau, les tendons, les os et les ligaments. Il représente environ 90% du collagène total. C’est celui que les marques associent systématiquement à la beauté cutanée.
  • Type II : localisé principalement dans les cartilages. Souvent présenté comme « le collagène pour les articulations », par opposition au type I. Cette distinction est réelle biologiquement, mais les formules « type I + II » dans un même produit jouent sur une confusion : le type II n’a pas d’effet prouvé sur la peau.
  • Type III : présent dans la peau, les vaisseaux sanguins et les organes internes. Souvent vendu en combinaison avec le type I. Son rôle cutané existe mais reste secondaire par rapport au type I dans les études disponibles.

Ce que cette distinction ne dit pas : une fois ingéré, le collagène de type I d’une gélule à 30 euros et les protéines d’un blanc de poulet subissent exactement le même traitement digestif. Tous deux finissent en acides aminés dans l’intestin grêle avant d’entrer dans la circulation. L’idée d’un collagène « ciblé type I qui se rend directement dans le derme » est un raccourci marketing, pas un mécanisme biologique établi. Pour l’angle articulaire du collagène, la logique est similaire, et les limites aussi.

Pourquoi ta peau perd du collagène (et à partir de quand)

La production de collagène commence à décliner à partir de 25 ans environ, à un rythme d’environ 1% par an. Ce rythme est une moyenne qui masque des écarts considérables selon les individus. Plusieurs facteurs l’accélèrent de manière documentée :

  • Exposition solaire cumulée (UV) : les ultraviolets dégradent les fibres de collagène existantes et inhibent la synthèse par les fibroblastes. C’est le facteur de vieillissement cutané le plus actif et le mieux documenté. La protection solaire quotidienne a davantage d’impact sur la densité collagénique que n’importe quel complément.
  • Tabac : la nicotine et les radicaux libres issus de la combustion endommagent directement les fibres. Les fumeurs affichent une perte collagénique cutanée significativement plus rapide que les non-fumeurs à âge égal.
  • Alimentation déficitaire en cofacteurs : sans vitamine C, le corps ne peut pas synthétiser de collagène fonctionnel (les liens entre les fibres, assurés par l’hydroxyproline, nécessitent de l’acide ascorbique). Le zinc joue également un rôle dans la maturation des fibres.
  • Stress oxydatif chronique : sommeil insuffisant, pollution, alcool, inflammation de bas grade. Ces facteurs dégradent la matrice extra-cellulaire et accélèrent le vieillissement du derme.
  • Fluctuations hormonales : en post-ménopause, la baisse des estrogènes entraîne une perte de collagène cutané estimée entre 20 et 30% dans les cinq premières années. C’est une des raisons pour lesquelles les études sur les compléments à base de collagène ciblent souvent des femmes de 45 à 65 ans.

Notre lecture : La perte de 1% de collagène par an est une donnée présentée comme une alarme par le marketing. Mais cette statistique est issue d’études histologiques sur des populations spécifiques, et elle ne se traduit pas par une visibilité immédiate sur la peau. Ce qui accélère vraiment le processus, ce n’est pas l’âge seul : c’est l’accumulation de facteurs évitables comme le soleil non protégé, le tabac et les carences nutritionnelles. Ce sont ces leviers qu’il faut adresser en premier.

 

Le collagène oral fonctionne-t-il vraiment pour la peau ?

Ce que disent les méta-analyses

Les données cliniques sur les peptides de collagène hydrolysé et la peau existent, et elles ne sont pas vides. Une revue systématique publiée en 2019 par Choi et al. dans le Journal of Drugs in Dermatology a analysé 11 essais cliniques regroupant 805 participants. Elle conclut à des améliorations statistiquement significatives de l’élasticité cutanée, de l’épaisseur du derme et de la réduction visible des rides, avec des doses variant entre 2,5 g et 10 g par jour sur 8 à 24 semaines.

Une méta-analyse de Miranda et al. publiée en 2021 dans l’International Journal of Dermatology confirme ces tendances sur l’hydratation et l’élasticité, avec des effets généralement visibles entre 60 et 90 jours après le début de la supplémentation. Les paramètres mesurés (cornéométrie, cutomètre, imagerie dermique) sont rigoureux.

Ces résultats sont réels. Mais ils méritent un regard plus attentif sur leur contexte.

Le problème des conflits d’intérêts dans la science du collagène

La quasi-totalité des essais cliniques positifs sur le collagène et la peau sont financés par les fabricants des ingrédients testés. Rousselot (Peptan®), SEPPIC (Naticol®), GELITA (Verisol®) et Lonza (BodyBalance®) produisent eux-mêmes la science qui soutient leurs claims commerciaux. Ce n’est pas unique au collagène, c’est un phénomène courant dans les compléments alimentaires, mais il n’est jamais mentionné dans les contenus e-commerce qui citent ces études.

Cela ne signifie pas que les résultats sont faux. Mais les études sponsorisées par l’industrie présentent statistiquement des résultats plus favorables que les essais indépendants. Les méta-analyses qui agrègent ces données héritent du biais de leurs composants. L’hétérogénéité signalée dans plusieurs revues (liée aux produits et protocoles différents d’une étude à l’autre) rend la comparaison directe entre marques impossible.

Le mécanisme gly-pro-hyp : plausible, mais surinterprété

La question centrale est celle-ci : pourquoi un peptide de collagène serait-il plus efficace que simplement manger des protéines riches en glycine et proline (gélatine, bouillon d’os, peau de volaille) ? La réponse des fabricants porte sur les dipeptides et tripeptides, et notamment le tripeptide gly-pro-hyp (glycine-proline-hydroxyproline).

Ce mécanisme est biologiquement plausible. Des études in vitro montrent que ce peptide spécifique peut stimuler les fibroblastes cutanés via des récepteurs spécialisés, contournant partiellement la dégradation digestive complète. Mais les concentrations plasmatiques mesurées après ingestion orale restent très faibles. Le passage du tube digestif vers le derme, via la circulation sanguine, reste un parcours du combattant pour ces fragments moléculaires. L’hydrolyse enzymatique optimise la biodisponibilité, mais ne garantit pas l’arrivée à destination.

peptide de collagene peau

Ton collagène vaut-il vraiment son prix ?

Peptides propriétaires, certifications, poids moléculaire, origine marine ou bovine : les arguments sur les étiquettes collagène se ressemblent tous. ScanNuts® analyse la composition en quelques secondes et donne une lecture honnête du produit. Retrouve aussi le classement des collagènes analysés par ScanNuts® pour comparer les formules les plus vendues.

Découvrir ScanNuts®

Ce que l’EFSA autorise (et n’autorise pas) à écrire ⚖️

Le règlement européen 1924/2006 encadre strictement les allégations de santé sur les compléments alimentaires. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est l’organisme qui évalue scientifiquement chaque allégation avant qu’elle puisse figurer sur une étiquette. Sa liste positive (règlement UE 432/2012) est publique et consultable.

Pour le collagène hydrolysé et la peau, la conclusion est sans ambiguïté : aucune allégation santé n’est approuvée. L’EFSA a examiné plusieurs demandes (dont celles liées aux effets sur l’élasticité et l’hydratation) et les a refusées, faute de preuves jugées suffisantes.

Ingrédient Allégation peau Statut EFSA Texte autorisé
Collagène hydrolysé / peptides Fermeté, élasticité, hydratation de la peau Non autorisée Aucun texte approuvé
Vitamine C Formation normale du collagène pour la peau Autorisée « Contribue à la formation normale du collagène afin d’assurer la fonction normale de la peau »
Zinc Maintien de la peau dans un état normal Autorisée « Contribue au maintien d’une peau normale »
Biotine (vitamine B8) Maintien de la peau normale Autorisée « Contribue au maintien d’une peau normale »

Ce tableau dit quelque chose de précis : la vitamine C, cofacteur de la synthèse de collagène, dispose d’une allégation légale que le collagène lui-même n’a pas. Une marque peut légalement écrire que sa vitamine C contribue à la formation du collagène pour la peau. Elle ne peut pas écrire que son collagène améliore la peau.

Ce que l’on retient : Les formulations marketing contournent cette limite avec des verbes flous : « favorise », « soutient », « participe à », « contribue à l’éclat ». Ces formules sont juridiquement hors du champ des allégations réglementées, donc incontrôlables. Ce n’est pas un bug du système, c’est une stratégie de communication parfaitement rodée. Lire les claims avec cet œil change la façon dont on perçoit une étiquette.

 

5 pièges marketing à décoder

Le mythe du « type I pour la peau, type II pour les articulations »

Cette segmentation est réelle biologiquement, mais elle est instrumentalisée pour créer des gammes et justifier des prix. Le consommateur qui achète un « collagène type I spécial peau » imagine une molécule qui se rend directement dans son derme. Ce n’est pas comme ça que fonctionne la digestion. Une fois hydrolysé, le collagène de type I et le type II produisent des mélanges d’acides aminés très similaires. La spécificité « type I pour la peau » est un argument de vente, pas un mécanisme validé de délivrance ciblée.

Les avant/après photographiques

Les photos avant/après dans les publicités de collagène ne respectent aucun standard clinique. Les conditions de prise de vue changent presque systématiquement : lumière, angle, hydratation préalable de la peau, maquillage, tension musculaire du sujet. Les essais cliniques sérieux utilisent des appareils de mesure (cutomètre, imagerie échographique) précisément parce que l’évaluation visuelle est inutilisable.

S’appuyer sur un « avant/après collagène peau avant après » observé chez soi ou sur les réseaux sociaux, c’est ne pas tenir compte du biais de confirmation ni de la régression naturelle vers la moyenne que peut connaître n’importe quelle peau sur 3 mois. Le KW est recherché 300 fois par mois : c’est la preuve que le format existe et fonctionne commercialement, pas qu’il est probant scientifiquement.

Le piège des dosages « à partir de 2,5 g »

La mention « 2,5 g » apparaît partout. C’est la dose minimale utilisée dans les études Naticol® pour observer un effet sur l’hydratation. Mais les mêmes études utilisent souvent 5 g à 10 g pour les effets les plus reproductibles. Un produit qui dose 2,5 g par portion se positionne au seuil bas des données, ce qui lui permet de citer « dose cliniquement étudiée » sans mentionner que les effets les plus nets apparaissent au double ou au triple de cette dose. Et à 5-10 g par jour, le coût mensuel d’une cure devient rapidement conséquent.

L’argument « hydrolysé » : entre réalité et surenchère

Le collagène hydrolysé est effectivement mieux absorbé que le collagène natif non dénaturé. C’est un fait biochimique réel : les peptides de bas poids moléculaire (autour de 2 000 Daltons) franchissent plus facilement la barrière intestinale. Mais l’argument « biodisponibilité optimale » est désormais utilisé par 100% des marques pour tout produit, quelle que soit la qualité réelle de l’hydrolyse. Le consommateur n’a aucun moyen de vérifier le poids moléculaire réel des peptides dans la gélule qu’il achète.

La fausse synergie « collagène + acide hyaluronique »

Les formules combinant collagène et acide hyaluronique en complément oral sont omniprésentes. Le raisonnement implicite : les deux sont présents dans le derme, donc les prendre ensemble démultiplie les effets. En réalité, l’acide hyaluronique oral est lui aussi dégradé par voie digestive et ses mécanismes d’action cutanée par voie orale sont encore moins documentés que ceux du collagène. L’association relève du marketing de stack, pas d’une logique biologique démontrée.

Collagène vs vitamine C + protéines : le rapport coût/bénéfice réel

La synthèse endogène de collagène dans les fibroblastes repose sur trois conditions : des acides aminés disponibles (glycine, proline, hydroxyproline), de la vitamine C comme cofacteur enzymatique indispensable, et du zinc pour la maturation des fibres. Si l’un de ces éléments manque, la production de collagène ralentit, quelle que soit la dose de supplément ingérée en parallèle.

Approche Mécanisme actif Allégation EFSA Coût estimé/mois Notre avis
Collagène hydrolysé 5-10 g/jour Peptides bioactifs (mécanisme partiel) Aucune (peau) 25 à 60 € Effets documentés mais discutables
Vitamine C 80-200 mg/jour Cofacteur synthèse collagène (prouvé) Oui (peau) 2 à 5 € Premier réflexe si carence suspectée
Alimentation riche en protéines complètes Acides aminés pour la synthèse endogène N/A (aliment) Intégré à l’alimentation normale Base non négociable
Zinc 10-15 mg/jour Cofacteur maturation fibres (prouvé) Oui (peau) 2 à 4 € Utile si déficit

Ce tableau ne dit pas que le collagène hydrolysé est inutile. Il dit que combler d’abord les carences en cofacteurs (vitamine C, zinc, protéines totales) avant d’investir dans un supplément de collagène est une logique plus rigoureuse. Un fibroblaste qui manque de vitamine C ne produira pas plus de collagène parce qu’on lui a apporté des peptides supplémentaires.

photos de main collagene

Et la peau noire dans tout ça ?

C’est un angle que le marché du collagène ignore presque entièrement. La majorité des études cliniques disponibles ont été conduites sur des femmes caucasiennes de 40 à 65 ans. Ce biais de représentation n’est jamais mentionné dans les contenus e-commerce, qui présentent leurs résultats comme universels.

Or, les peaux à fort phototype (phototypes IV à VI) présentent des caractéristiques collagéniques différentes. La densité fibroblastique y est plus élevée, la perte de fermeté liée à l’âge plus lente, et la structure des fibres de collagène du derme plus compacte. La recherche « collagène peau noire« , qui représente 170 recherches par mois en France, reflète une vraie demande d’information adaptée à cette réalité biologique. Et cette demande est quasi-totalement ignorée par les contenus disponibles.

Pour les peaux foncées, les signaux de vieillissement cutané se manifestent différemment (davantage par l’homogénéisation du teint et la perte d’éclat que par la perte de fermeté précoce). Les stratégies de supplémentation, si elles ont un sens, méritent d’être contextualisées différemment. Ce que les études disponibles ne permettent pas encore de faire avec précision.

À retenir côté INWT : Quand une marque de collagène affiche une photo de femme à la peau foncée sur sa publicité mais cite des études menées exclusivement sur des femmes caucasiennes, c’est de la représentation, pas de la science. La transparence sur les populations étudiées fait partie de l’honnêteté minimale qu’on est en droit d’attendre d’un fabricant sérieux.

 

Si tu veux quand même en prendre : les 4 critères qui comptent

Si après avoir lu tout ça, tu décides de tester un collagène pour la peau, voici ce qui différencie réellement les produits entre eux. Ce ne sont pas les arguments que les marques mettent en avant, mais ceux qui correspondent aux variables des études.

  1. Le poids moléculaire des peptides : une hydrolyse efficace produit des fragments entre 2 000 et 5 000 Daltons. En dessous de 2 000 Da, on parle de di- et tripeptides (dont gly-pro-hyp). Les produits qui indiquent ce paramètre sur leur étiquette montrent un niveau de transparence technique supérieur à ceux qui se contentent de mentionner « collagène hydrolysé ».
  2. La dose par portion : les études montrent des effets à 2,5 g (hydratation) et entre 5 et 10 g (fermeté, épaisseur dermique). Un produit en gélules qui dose 500 mg par capsule nécessite 5 à 20 gélules par jour pour atteindre les doses étudiées. Le format poudre est en pratique plus cohérent avec les dosages réels.
  3. La présence de vitamine C : pas pour l’effet « synergie marketing », mais parce qu’elle est biochimiquement nécessaire à la synthèse de collagène dans les fibroblastes. Un produit qui l’intègre à la dose nutritionnelle (80 mg/jour et plus) est plus complet que celui qui ne la mentionne pas.
  4. L’origine et la traçabilité : les peptides d’origine marine (poisson) ont les études de biodisponibilité les plus solides, en particulier pour les formes hydrolysées de bas poids moléculaire. La certification de pêche durable (Friends of the Sea, MSC) est un indicateur de sérieux de la chaîne d’approvisionnement. Pour savoir comment bien choisir son collagène parmi les formules disponibles, le classement des collagènes analysés par ScanNuts® permet de comparer ces critères sur plus de 2 200 produits référencés.
Critère Ce qui compte Red flag Green flag
Poids moléculaire Biodisponibilité réelle Absent de l’étiquette 2 000 à 5 000 Da indiqués
Dose par prise Cohérence avec les études < 1 g par portion 5 g minimum, idéalement 10 g
Vitamine C Cofacteur synthèse collagène Absente ou dose trace ≥ 80 mg par portion
Origine Traçabilité et biodisponibilité Origine inconnue ou mélange opaque Marin certifié (FSotS, MSC)

Questions fréquentes sur le collagène et la peau

Le collagène oral améliore-t-il vraiment la peau ?

Des méta-analyses (Choi 2019, de Miranda 2021) montrent des effets mesurables sur la fermeté, l’hydratation et la réduction des rides avec des doses de 2,5 à 10 g par jour sur 8 à 12 semaines. Ces effets sont réels mais modestes, et la plupart des études sont financées par les fabricants d’ingrédients. Aucune allégation santé peau n’est autorisée par l’EFSA pour le collagène oral.

Quelle dose de collagène faut-il prendre pour la peau ?

Les études les plus cohérentes utilisent entre 5 g et 10 g de peptides de collagène hydrolysé par jour, sur une durée d’au moins 8 semaines. Les effets sur l’hydratation ont été documentés dès 2,5 g/jour, mais les effets sur la fermeté et l’épaisseur dermique demandent des doses plus élevées. Les formats gélules sont rarement pratiques pour atteindre ces doses ; la poudre est plus adaptée.

Pourquoi la vitamine C est-elle associée au collagène ?

La vitamine C est un cofacteur indispensable à la synthèse de collagène dans les fibroblastes : sans elle, les enzymes qui stabilisent les fibres de collagène (prolyl hydroxylase et lysyl hydroxylase) ne peuvent pas fonctionner. L’EFSA autorise l’allégation « contribue à la formation normale du collagène pour la peau » pour la vitamine C, ce qu’elle ne fait pas pour le collagène lui-même.

Quel type de collagène est le meilleur pour la peau ?

Le collagène de type I, d’origine marine (poisson), sous forme hydrolysée de bas poids moléculaire (2 000 à 5 000 Daltons) est la forme la plus étudiée pour la peau. Les peptides marins présentent une biodisponibilité plasmatique mesurée supérieure dans plusieurs études comparatives. Mais insistons : « type I pour la peau » est une simplification biologique, pas un mécanisme de délivrance ciblée validé.

Est-ce que le collagène éclaircit la peau ?

Non, le collagène n’a pas d’effet documenté sur la pigmentation. L’éclaircissement ou l’uniformisation du teint est lié à d’autres mécanismes (mélanine, antioxydants, vitamine C). Les formules vendues avec cet argument associent souvent la vitamine C (qui, elle, a un effet documenté sur la mélanine) au collagène, ce qui crée une confusion entre les effets des deux ingrédients.

Peut-on prendre du collagène tous les jours sans risque ?

Le collagène hydrolysé est bien toléré aux doses étudiées (jusqu’à 10 g/jour) chez les adultes sains. Aucun effet indésirable grave n’est documenté à ces doses dans les essais cliniques disponibles. Les allergies aux protéines de poisson (pour le collagène marin) restent le risque principal à surveiller. Comme tout complément, il ne remplace pas une alimentation protéique suffisante.

Le collagène fonctionne-t-il pour les peaux matures ?

La plupart des études sur le collagène et la peau ont été conduites sur des femmes de 40 à 65 ans, ce qui correspond précisément au profil « peau mature ». Les effets sur la fermeté et l’hydratation sont donc documentés sur ce segment. En post-ménopause, la perte accélérée de collagène cutané (20 à 30% dans les cinq premières années) rend le contexte plus favorable à une supplémentation, à condition que les carences en cofacteurs soient d’abord adressées.

Quelle est la différence entre collagène marin et collagène bovin pour la peau ?

Les deux fournissent principalement du collagène de type I et III. La différence principale est la biodisponibilité : les peptides d’origine marine (issus de la peau de poisson) ont un poids moléculaire naturellement plus faible, ce qui facilite leur absorption intestinale. Le collagène bovin reste une alternative solide et moins coûteuse. Le choix dépend aussi des convictions personnelles (véganisme exclu pour les deux, allergie au poisson, préférences religieuses).

Le collagène, c’est un complément, pas un sérum à boire

Le raccourci marketing est simple : « le collagène est dans la peau, donc en boire en met plus dedans. » Ce n’est pas comme ça que fonctionne la biochimie, et ce ne sont pas les marques qui l’expliqueront. Les peptides de collagène hydrolysé peuvent améliorer la fermeté et l’hydratation cutanée à des doses de 5 à 10 g par jour après 8 à 12 semaines de supplémentation continue : c’est ce que les méta-analyses disponibles documentent, dans des conditions que les fiches produits ne reproduisent pas fidèlement.

Si la santé de ta peau est un objectif concret, vitamine C, zinc, protéines alimentaires suffisantes et protection solaire quotidienne méritent d’être adressés avant d’ouvrir un pot de poudre blanche. Le collagène hydrolysé peut avoir sa place dans cette logique. En fin de liste, pas en tête de gondole.

Références scientifiques

Asserin, J. et al. (2015). The effect of oral collagen peptide supplementation on skin moisture and the dermal collagen network: evidence from an ex vivo model and randomized, placebo-controlled clinical trials. Journal of Cosmetic Dermatology, 14(4), 291-301.

Choi, F.D. et al. (2019). Oral Collagen Supplementation: A Systematic Review of Dermatological Applications. Journal of Drugs in Dermatology, 18(1), 9-16.

de Miranda, R.B. et al. (2021). Effects of hydrolyzed collagen supplementation on skin aging: a systematic review and meta-analysis. International Journal of Dermatology, 60(12), 1449-1461.

EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (2014). Scientific Opinion on the substantiation of a health claim related to collagen hydrolysate. EFSA Journal, 12(6), 3694.

Proksch, E. et al. (2014). Oral supplementation of specific collagen peptides has beneficial effects on human skin physiology: a double-blind, placebo-controlled study. Skin Pharmacology and Physiology, 27(1), 47-55.

Union Européenne (2012). Règlement (UE) n°432/2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires. Journal officiel de l’Union européenne. Consulté sur : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32012R0432

Vitamin C (ascorbic acid) and contribution to normal collagen formation. Allégations ID 132, 295, 296, 360, 440, 1280. Liste positive EU 432/2012.


5 1 vote
Évaluation de l'article

Continuer votre lecture 🌰

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

ScanNuts®

UN OUTIL CLÉ EN MAIN ET FACILE À UTILISER

ScanNuts® t’aide à comprendre les étiquettes de tes compléments alimentaires pour mieux choisir !

  • Analyse des ingrédients et additifs.
  • Décryptage des promesses marketing.
  • Donne les meilleurs alternatives.

Je découvre ScanNuts®